Après 11 saisons, Arabesque repose sur des schémas connus, mais conserve son charme grâce aux voyages, aux personnages secondaires retrouvés et à son ambiance chaleureuse.
DiversArabesque saison 11
Archipel Auteur (e) en C Auteur (e) par ordre alphabétique Les maisons d'éditions Livres par genre Policier Thriller Très bonne lectureLe cercle de pierres de M W CRAVEN

Citations :
— Ce n’était pas ce matin, mais dans la salle de réunion B, avec le directeur adjoint Justin Hanson, l’inspectrice- cheffe Stephanie Flynn et le directeur Edward van Zyl, le jour où je leur ai montré l’analyse des résultats du TDMC. Au bout d’un moment, ils ont oublié ma présence.
Un coup d’œil dans le rétroviseur indiqua à Poe que Flynn était réveillée. Elle avait les yeux rouges. On dort toujours moins bien en voiture que dans un lit.
Bradshaw se retourna.
— Vous n’appréciez pas Poe, pas vrai, madame Flynn?— Qu’est-ce que vous racontez, Tilly? s’écria l’intéressée, l’air inquiet. Bien sûr que si, je l’apprécie.
— Ah. Je n’avais pas compris ça, surtout quand le direc- teur Edward van Zyl a expliqué que le SCAS avait besoin de Poe et de sa «connaissance encyclopédique des tueurs en série» et que vous avez répondu: «Peut-être, mais il a surtout une connaissance encyclopédique de l’art d’être une
tête de con, monsieur le directeur.»
Poe rit si fort qu’il faillit s’étouffer avec la gorgée de café qu’il venait d’avaler.
— Tilly! s’écria Flynn, mortifiée.— Quoi?
Mon avis :
Ce thriller est publié aux éditions archipel. Comme avec beaucoup de leurs livres, j’ai été happée dès les premières pages. L’enquête ainsi que l’intrigue associée à un personnage un peu ours comme Washington Poe n’y sont pas pour rien. Il faut dire que j’adore les personnages bourrus et un peu bruts de décoffrage qui envoient les règles au placard. Washington Poe est secondé par une lieutenante qui le laisse prendre ses aises. Stéphanie Flynn est une femme de poigne, mais elle est juste. Je regrette qu’elle soit finalement assez absente.
Washington Poe peut compter sur une analyste de génie et enthousiaste. Elle a un quotient intellectuel qui frôle la stratosphère. Avant que vous me disiez, c’est impossible, ce n’est qu’une image ! En tout cas, Tilly Bradshaw est peu sensible au second degré ou au langage imagé. Elle me fait penser à Temperance Brennan tout en restant très innocente du monde et de la méchanceté d’autrui. La dynamique qui s’installe auprès de Washington Poe oscille entre complicité et respect. J’ai bien aimé.
Cependant avec Tilly Bradshaw, l’auteur a voulu surfer sur la vague des séries qui mettent en avant des profiler, des gens super intelligents ou encore atteints de handicap comme l’Autisme Asperger ou d’HPI. Tilly a très peu de connaissances du terrain. Elle est innocente et naïve. Néanmoins, elle fait preuve de franchise. Elle peut être trop directe. Elle ne sait pas faire preuve de tact. Les scènes qui en résultent pourront vous faire sourire et alléger une enquête macabre sanglante et parfois même gore. J’ai vraiment eu un petit battement de cœur pour cette relation entre Tilly et Washington Poe.
J’aimais assez l’idée d’allier film et lieu spirituel, voire culturel. Ces sites sont présents dans une partie de l’Angleterre. Ils sont lourds en histoire. J’étais séduite par l’idée qu’il soit le théâtre de scènes de crime. M W Craven aurait pu s’en servir pour donner une dimension historique ou religieuse, mais l’idée n’est même pas effleurée. C’est dommage. Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris la symbolique du lieu. J’aurais aimé un écho historique. J’ai été légèrement déçue de ce point de vue là. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous dévoiler trop.
Âme sensible, s’abstenir ! L’auteur va assez loin dans les descriptions macabres. La description parle de la chair brûlée, de la cendre et des eaux. Elle a même parfois une odeur, un peu trop de réalisme pour moi. L’auteur n’est pas aussi prolixe concernant les motifs et le passé des victimes. Je n’ai du coup pas été impliquée d’un point de vue émotionnel. Tous ces détails viennent alourdir l’histoire et donnent un côté voyeuriste à ce polar.
En bref, ce livre se dévore en une seule bouchée. J’aime bien Poe et son personnage homme des cavernes. J’ai nagé au niveau de l’enquête, puis j’ai vu le rebondissement arrivé avec ces grands sabots. Ce manque de surprise ne m’a pas gêné, seul l’excès d’hémoglobine est gênant.
Appréciation Excellente lecture J'ai lu Les maisons d'éditions LIVRE Science fictionDes fleurs pour Algernon de Daniel KEYES

Extrait audio :
Mon avis :
C’est une belle découverte livresque et une belle découverte de l’auteur. Je suis très contente de ma lecture. C’est une excellente lecture
.
J’ai lu l’édition augmenté en Lecture commune avec Les lectures d’Anneso.
Est-ce que je conseille l’édition augmentée ?
L’édition augmenté contient 3 parties : le roman, l’histoire de son écriture (autobiographie de l’auteur), et la nouvelle dont est issue le roman. Le roman m’a énormément plu. La nouvelle un peu moins car justement elle est moins développée. Cependant, il est très instructif de voir le travail de l’auteur : la transformation d’une nouvelle en roman. L’histoire de l’écriture de son roman envers et contre tous m’a beaucoup fait penser à Martin Eden et ses difficultés à publier. J’ai beaucoup accroché à ce récit autobiographique, l’auteur est sensible et attachant. Il fait preuve d’humanité.
Le roman et son originalité !
En tant que lecteur, on suit Charlie : un homme de plus de 30 ans atteint de crétinisme. C’est un terme encore utilisé aujourd’hui pour désigner un Homme qui a QI faible. C’est assez affreux qu’on ait gardé ce terme surtout que l’évaluation du QI n’est pas une science exacte!
Charlie participe à une opération qui le rendra peut-être plus intelligent. Est-ce qu’elle va marcher, telle est la question ? Charlie est tout en innocence, en gentillesse un peu à la manière de Forest Gump. Il m’a également beaucoup fait penser à Martin Eden dans son envie de découvrir le monde et d’évoluer. Je me suis beaucoup attachée à Charlie. Sa vision du monde change. J’ai un peu redouté ce changement car il voyait un monde si beau, j’aurais voulu qu’il le reste.
Une lecture qui interroge et fait réfléchir !
Dans ce livre, il ressort deux sujets principaux: les expériences scientifiques et l’évaluation que l’on fait de l’intelligence. Prend-elle en compte tous les facteurs ? Est-ce que quand on est plus intelligent n’y perd-t-on pas au change ? Est-ce seulement le cas pour tout le monde? En tout cas, si on évaluait ma sœur avec les méthodes actuelles, sont QI serait de 0. Or pour moi, elle a une intelligence qui lui est propre. Améliorer l’intelligence est-ce améliorer l’humanité ou la détruire ? 
Ensuite, il y a pas mal de choses du monde scientifique qui sont remises en question : comme le fait qu’il faille publier pour être un bon scientifique, que les scientifiques font preuves de détachement (sorte de protection ?) vis à vis de leur patient? Et l’expérimentation animale : je vais peut-être paraître insensible mais l’expérimentation animal pour le moment est inévitable car sinon les expériences scientifiques se baseraient sur des extrapolations. On se retrouverait alors avec des scandales pires que celui des thalidomides à tire larigot.
Certains scientifiques se sont lancés dans la modélisation pour éviter l’expérimentation sur l’animal mais malheureusement et bien heureusement, ils n’ont pour l’instant réussi qu’à modéliser les cellules (à l’aide des mathématiciens de chez Michelin). Peut être un jour arriverons-nous à l’organisme humain en entier, mais pour ça il faudrait plus de financement dans la recherche public. Car les chercheurs, dans les universités, sont payés un peu plus que le SMIC. Certains plus car ils ne sont pas que chercheur mais aussi universitaire et/ou hospitalier.
L’expérimentation animale est aujourd’hui régit par la règle des 3R :
* Reduce (Réduire) le nombre d’animaux en expérimentation.
* Refine (Raffiner) la méthodologie utilisée, ce qui implique la notion de points limites (critères d’interruption, ou « end-points »).
* Replace (Remplacer) les modèles animaux.
Une plume sensible et direct !
Les descriptions de l’auteur montre une sensibilité de l’auteur sans pour autant tourné autour du pot. Elle est fluide, précise et concise.
Pour montrer l’évolution de Charlie, l’auteur a décidé d’écrire son récit sous forme de compte rendu or les premiers sont remplis de fautes d’orthographe. Puis elles vont se faire plus rare. C’est un peu déroutant au début, mais ça sert l’histoire : montre l’évolution de l’intelligence de Charlie. Ce procédé est intéressant et original. 🙂
C’est passé à deux doigts du coup de cœur, mais quelque chose m’a manquée. Cependant, je ne serais pas vous dire quoi ! 
En résumé : Un très bon livre! Il nous happe, nous interroge et nous instruit que demander de plus !!
Notation : 18/20
Point de vue de ma mere, une psychiatre sur ce livre :
Des fleurs pour Algernon est un livre intéressant voire fascinant car même s’il a été écrit dans les années 50, il reste très contemporain. Il pose la question du regard des Autres sur Soi, la question de l’intelligence (et du QI), de la discrimination, de la connaissance anticipée de son destin (question hautement d’actualité avec l’augmentation des démences séniles)…
Sans avoir de formation en psychologie, en dehors d’avoir effectué une psychanalyse classique, l’auteur nous fait vivre dans la peau du déficient mental comme du génie avec un sens aigu de l’humain, de l ‘empathie ou du cynisme. En tant que psychiatre, j’ai apprécié particulièrement cette capacité « à se mettre à la place de » et de se regarder faire (Charlie le déficient qui regarde Charlie le génie, dans des moments qui ont pu être compliqués auparavant pour lui).
Même s’il y a quelques clichés (un déficient mental est aussi un détraqué sexuel), ils sont traités avec finesse et humanité. C’est la question de l’incompréhension de l’acte dû à des pulsions plutôt que de la perversité (acte subi et non pervers). D’ailleurs, la perversité requiert un QI supérieur à 70 !
Enfin, l’autre cliché important du livre (pour nous aujourd’hui) est la question du QI (Quotient INTELLECTUEL) qui ne peut résumer un être humain car il ne mesure rien en terme d’émotion et d’affect. Et l’auteur nous rappelle avec force (et ce n’est plus un cliché) que tout être humain quel qu’il soit, déficient ou génie, capable d’empathie ou non, a une dimension humaine à prendre en compte et à respecter….

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