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Paru Itagaki signe un autre recueil de nouvelles dans l’univers de son célèbre Beastars et, d’ailleurs, comme pour le tome 3, j’ai été ravie d’avoir une nouvelle sur nos héros Legoshi et Haru. Qu’est-ce qu’ils sont mignons, tous les deux ! Je les adore, même si j’avoue que j’aurais aimé plus de détails croustillants : j’ai eu l’impression d’une mise en bouche avortée et ultra frustrante.
Comme d’habitude, la lecture de ses nouvelles est prenante, il y a toujours une confrontation herbi et carni. Souvent, le personnage masculin est un carni, habité par des envies de prédation. Et, comme dans notre société, certains stéréotypes ont la peau dure. Ils ont parfois raison, d’autres fois pas du tout.
Dans une des histoires, un tigre va à un date avec une zèbre ; il a menti sur son statut et sa nature. La zèbre le lui fait remarquer et il se défend en disant que tout le monde ment, comme en témoignent la couche de maquillage et de filtres de sa photo de profil. Il a voulu tenter sa chance, il s’est joué d’elle, mais c’est un jeu de dupes. Est-ce que c’est si répréhensible ? La zèbre lui laissera-t-elle une occasion de se racheter ?
Les appréhensions des deux sont présentes, la rencontre est difficile. Le tigre saura-t-il faire amende honorable ?
L’autre nouvelle concerne un serpent infirmier qui s’occupe d’un papi souris. La souris a justement peur du serpent, mais est-ce à tort ou à raison ? L’infirmier a juste envie de faire son travail, mais lui aussi se bat contre les préjugés et les stéréotypes de son espèce. Cette histoire est touchante.
Beastars est une belle allégorie de notre époque. Les questionnements sur l’autre, l’étranger, le différent, les dissensions, le féminisme, la guerre des sexes et la violence des batailles entreprises, chacun de ces éléments trouve un écho dans cet univers. Avec Paru Itagaki, les réponses surprennent toujours et nous laissent avec le cerveau sens dessus dessous.
Cette opposition herbi et carni fait penser à un monde soit noir, soit blanc, mais plus on rentre dans l’histoire, plus l’ambivalence est présente et nuancée.
En résumé :
Encore une petite lecture réconfortante, sympa, mais aussi exigeante : elle lance souvent un débat et, pour moi, la réponse n’est pas toujours claire, ou alors Paru Itagaki ébranle mes convictions. Elle réussit ce tour de force, dans les nouvelles aussi, même avec leur format plus court.