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Le ton est drôle, critique, dès les premières pages.
Marie Couston est une professeure de français dans un lycée privé. Contrairement à ce que l’on pense, elle n’est pas bien payée au vu du coût du loyer parisien. Elle a trouvé un moyen d’arrondir ses fins de mois. La voilà qui écrit de la romance érotique. Elle a essayé de pimenter, de bien écrire ou parler de sexe d’un point de vue féminin, mais elle a tout de suite été reprise. Remise à sa place.
Ce n’est pas vendeur. On s’attend à une femme qui aime un bad boy et lui apprend à aimer. Qu’elle soit mignonne, intelligente mais sans trop. Innocente et que le mec lui apprenne la vie ou plutôt le sexe. Bref, c’est un schéma cliché et on n’en sort pas parce que c’est le plus vendeur. Tant pis, au nom de l’argent, Marie se conforme. Elle range son féminisme au placard. Enfin, jusqu’à ce qu’on lui demande d’écrire de la dark romance, romantiser du viol, de la pédophilie, mais où va le monde ?
Après une soirée arrosée, elle tue son protagoniste masculin, une mort débile pour ce milliardaire misogyne. Bien fait !
Sauf que James Cooper comme dans un mauvais film de série B atterrit sur son canapé le lendemain matin. Un peu à la “Il était une fois en livre”. Que faire ? Comment le renvoyer dans son monde ? Écrire la suite, se résigner à la dark romance ou espérer que ce bel apollon disparaisse bientôt.
Si j’ai aimé les personnages, j’ai eu l’impression que le ton comique était parfois too much et je n’arrivais pas à adhérer ou à m’identifier aux personnages, notamment celui de Marie.
Camille Emmanuelle dénonce un monde littéraire qui romantise le viol, qui le fait sans sanction et sans mention “interdit au moins de 18 ans”. Les libraires, les sites de ventes en ligne ainsi que les auteurs, on est tous responsables. Quand une collection l’Ardeur se voit mettre un pictogramme “interdit moins de 16 ans” alors que leur histoire érotique parle de consentement et de sexualité féminine, mais qu’un Gild, une romance avec un harem inversé et une femme rétrogradée au rang d’animal n’a même pas de pictogramme, c’est révélateur d’un problème de cohérence.
Le monde littéraire ferait bien de s’acheter une conscience et de ne pas être une énième entreprise sans éthique. La littérature est avant tout de l’éducation, des textes engagés et du divertissement. Ce ne doit pas être l’outil d’une société patriarcale où la femme perd ses droits durement acquis. Clairement le but de ce livre est de dénoncer des pratiques, car l’autrice a elle-même été confrontée à cette industrie et cette situation. Ça se sent dans les dilemmes de la protagoniste.
Une histoire légère pour un sujet de société. Une romance “non-romance” qui peut plaire sans que l’on soit fan du genre.
En résumé
Quand écrire de la romance érotique va contre nos valeurs et qu’en plus son héros est tout le contraire d’un greenflag et que celui-ci est assis dans son salon. Là, c’est un peu trop ! Un joyeux bordel engagé !