Mon avis
Encore une bande-annonce qui m’a attirée. J’ai repoussé la séance plusieurs fois, trop peur de fondre en larmes durant tout le film. Le travail étant en ce moment trop présent et légèrement étouffant, je n’étais pas sûre que ce film me permette une coupure. Eh oui, les maisons de retraite, les gens malades, cela ne me sort pas trop de mon quotidien.
Marie-Lou est directrice dans une maison de retraite. Elle essaie de faire en sorte d’augmenter les salaires de ses employés, de garder les budgets d’aide à la personne, de réintégrer l’humanité dans les soins et de satisfaire les investisseurs. Contrairement à ce que l’on pense, elle ne se bat pas que pour le financement et la gestion de grands groupes, mais aussi contre ses propres employés. Elle manque de sommeil, se sent de plus en plus à fleur de peau, incomprise du personnel soignant et toujours plus impliquée auprès des résidents.
Dans ma vie personnelle, j’ai perdu mon grand-père et mon grand-oncle d’un cancer récemment et ma grand-mère va être placée en maison de retraite. Le sujet est très délicat pour moi, triste et émouvant. Avant d’y aller, je savais que ce n’était pas le bon moment, mais il faut croire que je suis masochiste.
J’avais adoré Virginie Efira dans Adieu les cons, son jeu, sa douceur, mais surtout son empathie m’ont touchée. Finalement, j’ai trouvé toutes ces qualités dans ce film. Elle est à fleur de peau, empathique et son personnage sonne vrai. Mais le plus impressionnant, c’est qu’elle a appris le japonais pour ce rôle. Cela semble si fluide, Tao Okamoto livre une performance tout aussi juste. Son interprétation de Mari est plus froide, pourtant tout aussi sensible. Mari est une metteuse en scène japonaise ayant étudié à la Sorbonne, c’est aussi une malade en sursis.
Tomoko est leur lien. Un petit garçon autiste, il court près d’un tram. Marie-Lou descend dans le but de l’éloigner et de lui tenir compagnie jusqu’à ce que sa famille arrive. C’est le moment de la rencontre, du coup de foudre amical. Elles ont envie de se revoir. Cependant, Marie-Lou est totalement absorbée par le travail, elle a le feuillet d’invitation de Mari, mais aucune excuse pour y aller. Son adjoint l’exhorte à se prendre une après-midi et c’est l’excuse qu’elle attendait.
Elle peut aller voir la pièce de Mari, et elle est ébranlée par le message de tolérance. Chamboulée serait plus juste. Cette partie du tournage m’a légèrement ennuyée, une petite coupure aurait été sympathique. Je ne suis pas une grande fan du théâtre moderne, même si cela a été une petite surprise appréciable. Mari le voit inclusif et cette définition me plaît beaucoup.
Ce film a une thématique sociale très développée et une vision assez pessimiste des maisons de retraite et institutions similaires. L’intérêt des maisons de retraite est que les personnes âgées restent dépendantes pour toucher plus de subventions. Cette dépendance coûte, car il faut plus de personnel et le salaire ne suit pas. Le personnel soignant n’est plus soignant, mais juste une machine à enchaîner les malades, car il faut faire vite et plus.
Ce système n’est pas juste ni envers les soignants ni envers les malades, à cause des dérives. On fait avec la dépendance, mais on n’a pas envie d’aider les personnes à retrouver cette autonomie, car ce serait une perte de financement si le score de dépendance de l’établissement est moins élevé. Bref, un discours sur l’économie des maisons de retraite et les dérives qui s’en suivent, passionnant et triste.
En résumé :
Trop long, intense, bouleversant, malgré les longueurs. Ce film est perturbant, un constat affolant sur le monde du soin, car oui, si une maison de retraite veut bénéficier de plus de subventions, elle a besoin de personnes moins autonomes. Le personnel et les salaires ne suivent pas et c’est comme un travail à la chaîne sans émotion. Tao Okamoto et Virginie Efira mettent en lumière un système défaillant dans une discussion à bâtons rompus bouleversante !
Notation
Synopsis

Résumé en image




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