Fragment de livre en guise de mise en bouche :

— Je suis certaine que vous me trouverez quelque chose.

Tilden se laissa choir dans son fauteuil, croisa les mains derrière la nuque, ferma les yeux quelques instants et pensa aux tracasseries administratives qui se profilaient. Il était à bout et ne savait plus comment s’y prendre avec Nola Grayson. Il aurait pu la congédier, tout bonnement, et pourtant impossible de s’y résoudre – question de décence et de conscience, sans doute. Ne lui avait-elle pas dit que le peu de famille qui lui restait vivait à l’étranger ? C’était à se demander si ces gens n’avaient pas émigré pour la fuir.

— Je vous conseillerais volontiers de vous adresser à une autre agence, mademoiselle Grayson, soupira-t-il avec résignation, si je ne savais pas que vous les avez déjà toutes écumées. Trois de mes concurrents ont déjà mis la clé sous la porte, et je ne serais pas étonné d’être le prochain !

L’institutrice le regarda avec bienveillance. De cette façon, elle arrachait toujours de petites indiscrétions à Tilden, qui avait tendance à se livrer facilement.

— Avez-vous déjà songé à vous marier ? demanda-t-il à brûle-pourpoint, provoquant un soupir de Nola. Vous auriez ainsi vos propres enfants à élever et, plaise à Dieu, vous n’aurez peut-être que des garçons !

Mon avis :

Magique, un coup de coeur !
Waouh, Light and smell m’avait dit que ce livre était bien. Grâce à elle, je me suis lancée tête baissée dans cette lecture. C’est ce que j’appelle une lecture riche en émotions, j’ai adoré, j’ai bien ri…. J’ai été vraiment à fond derrière tous les personnages. J’ai réussi à avoir un lien émotionnel avec eux. C’est assez rare, mais cela explique que je l’ai dévoré en 3 jours. Je n’en ai fait qu’une seule bouchée !
Une institutrice au grand cœur !
Nola Grayson est une institutrice peu conventionnelle. Elle prône l’égalité des femmes et des hommes, elle élève les petites filles de ses clients dans cette optique. Et cela passe très mal dans l’aristocratie londonienne. Après un énième renvoi, ses opportunités de trouver du travail à Londres se font rares voire inexistantes. Alors quand on lui propose un poste d’institutrice en Australie, elle n’y réfléchit pas à deux fois. C’est une nouvelle aventure qui s’offre à elle.
Seulement, voilà, tout ne se passe pas comme prévu. Le voyage n’est pas de tout repos. Les habitants du bush australien ne croient pas une seconde qu’elle résistera à la solitude, l’isolement, la chaleur et les conditions d’hygiène parfois difficiles. Ce n’est pas un monde pour une femme. Nola est bien décidée à leur prouver qu’ils ont tort. Elle ne lâche rien, encore moins quand elle reçoit une fin de non-recevoir par son employeur. Celui-ci cherchait un instituteur et non une institutrice. Nola réussira-t-elle à s’intégrer dans cet environnement hostile ? Y trouvera-t-elle sa place ?
Une belle farandole de personnages !

  • Langford Reinhart : l’employeur de Nola, un vieux grincheux, bourru, renfermé sur lui-même depuis la disparition de sa femme. Son exploitation de bétail est au bord de la ruine. Et il ne fait rien pour éviter le désastre.
  • Galen : Nola doit s’occuper de ses enfants. Comme Langford, il ne croit pas qu’elle va rester. Il est froid et distant mais c’est aussi un père aimant.
  • Heat, fils de Galen : l’aîné de la fratrie est peut-être celui qui reste distant. Il a grandi vite. C’est peut-être le moins développé par l’auteur mais ça ne m’a pas gênée.
  • Keegan : c’est le cadet de la fratrie. Il est mature, s’occupe des vaches et de sa petite sœur. Nola aura du pain sur la planche avec lui.
  • Shannon : Nola est choquée, cette petite fille est habillée comme un garçon car c’est plus facile pour son père de l’élever comme tel. C’est vrai qu’elle prône l’égalité mais pas de cette façon. Les femmes peuvent être les égales des hommes tout en assumant leur féminité.

Trouver sa place au milieu de ces fortes têtes ne sera pas de tout repos. Heureusement, qu’elle s’adapte facilement. Elle a bien l’intention de faire entendre sa voix même si ce ne sera pas facile de s’imposer.
Le mystère plane !
Langford comme Galen sont tous les deux veufs, aucun des deux ne s’étend sur le sujet et pourtant Nola découvre certaines choses qui lui font penser qu’elle pourrait être en danger.
Une plume facile !
L’auteure écrit cette histoire d’un point de vue externe. Elle est douée pour décrire les paysages mais aussi transmettre des émotions (et pourtant le point de vue choisi n’est pas le plus évident pour ça). Ses personnages sont tous ultra intéressants.
Elle a aussi développé toute une partie autour des tribus indigènes du bush : culture, façon de vivre et leur relation avec les autres habitants. Cette partie-là a été traitée avec bienveillance. Elle m’a captivée, elle donnait un côté exotique au livre.

En résumé : C’est une histoire écrite avec bienveillance, émotion et mystère. J’ai eu un sacré coup de cœur. Je me note l’auteure.

Note : 5 sur 5.

Un commentaire sur « Au pays des eucalyptus de ELIZABETH HARAN »

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