Extrait en guise de mise en bouche :

– Ton père ne m’a jamais rien interdit, lui rappela Christy sans élever la voix. Je ne me laisserai pas davantage dicter mes décisions par mes enfants.
Elle se trouvait maintenant assise sur la pointe des fesses.
– Vous semblez tous oublier que je suis plus que rompue aux voyages en solitaire, et que, sans mon goût pour l’aventure et ma détermination, rien de ce dont vous jouissez aujourd’hui n’existerait.
– Tu étais jeune, contre-attaqua Anne avec dédain. Et les temps ont changé. Par ailleurs, papa se trouvait presque toujours avec toi. Tu es injuste de t’attribuer tout le mérite de votre succès.
Sa mère grinça des dents en avisant ses airs supérieurs – elle eut bien de la peine à ne pas la moucher.

Mon avis :

Une bonne lecture !

C’est une bonne lecture, lu en LC avec Les livres de Rose (sa chronique). Elle est dépaysante et enrichissante. Elle aborde un thème original. Mais quelques détails sont venus gâcher ma lecture. Certains sont peut-être dû à la traduction, je ne sais pas. En tout cas, je peux vous dire que ce n’est pas le meilleur livre de l’auteure qu’il m’ait été donné de lire.

Transmettre un héritage, une histoire!

Christy a soixante ans quand elle décide de renouer avec ses origines sur l’îles de Sky contre la volonté de sa famille. Ils la jugent trop vieille pour entreprendre le voyage seule depuis l’Australie. C’est donc accompagnée de sa fille et de sa petite-fille qu’elle se lance dans l’aventure. Elle espère secrètement que ce voyage lui permettra de renouer avec sa fille Anne avec qui ses relations sont pour le moins tendues. Ce voyage est aussi l’occasion de revivre son enfance, de retrouver des souvenirs d’êtres disparus depuis longtemps.
A l’occasion de ce voyage, l’auteure aborde la famine qui a touché l’Irlande et l’écosse dans les années 1860. Celle-ci a poussé les habitants à émigrer au Canada et en Australie. Pour l’Australie, j’avoue que je ne connaissais pas. Ce roman a eu aussi pour effet d’enrichir ma culture générale. ça fait toujours du bien.

En parallèle !

Un drame se trame en Australie. Christy partie, ses enfants reçoivent une drôle de lettre, qui leur fait craindre le pire.

La narration brinquebalante !

Eh oui, si j’aime la plume fluide de l’auteure, la narration de ce roman laisse vraiment à désirer l’auteure n’a pas su mettre en place un point de vue défini. Elle oscille entre un point de vue omniscient et externe. C’est assez déconcertant.
De plus, elle nous cache tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la lettre. Exemple : les personnages parlent entre eux, et puis se disent : “j’ai été témoin d’une chose qui pourrait avoir un rapport”. Les autres personnages se voient livrer cette chose mais la(e) lectrice(eur) n’y a pas le droit. Ce procédé n’est pas vraiment réglo. Dommage car même avec ce procédé, j’ai deviné les grandes lignes avant le dénouement. Je pense pouvoir dire sans trop m’avancer que Les livres de Rose est d’accord avec moi sur ce point.
En plus, il ne sert pas les intérêts de l’histoire car au lieu de tenir en haleine, il agace.

Des problèmes de traduction ?

Autre détail que je n’ai pas remarqué dans ses autres livres, du coup, c’est peut-être dû à la traduction. L’auteure appelle assez souvent Christy “la sexagénaire”, un peu trop souvent même. Je n’aime pas du tout ce terme, c’est réducteur et crée une distance avec le personnage. J’ai mis du coup plus de temps pour m’attacher au personnage.
Autres termes que je n’ai pas apprécié “stewardesse”, c’est un anglicisme qui écorche les oreilles.

La troisième partie du livre !

Le retour de l’île de Sky, je me suis un peu plus immergée dans l’histoire. Elle s’est faite plus mouvementée. Ce changement de rythme n’est pas pour me déplaire. Les souvenirs sont faits pour être abordés en tranquillité. Le présent est tout, dans le temps, qui défile. Il demande parfois qu’on mette les bouchés doubles.   

En résumé : c’est une bonne lecture, intéressante et enrichissante mais la narration ne me convient pas. Je tiens à préciser que dans les deux autres romans de l’auteure, elle n’était pas comme ça. Peut-être a-t-elle voulu tester un style nouveau. Dommage que ça ne l’ait pas fait avec moi. Heureusement, elle est moins présente dans la troisième partie du roman.

Note : 3.5 sur 5.

Autres livres de l’auteure chroniqués :

8 commentaires sur « Lune de Tasmanie de TAMARA MCKINLEY »

  1. Entièrement d’accord avec les points « négatifs » que tu as relevés! Bon après j’ai adoré la partie sur l’île de skye comme tu le sais et j’ai davantage que toi réussi à m’attacher aux personnages! J’ai hâte de découvrir les autres romans de l’autrice si la narration est « meilleure »!!

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