Cher(e) voyageur(e),

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Mon avis :

Alors pour le coup, je ne l’ai clairement pas vu venir. Lorsqu’il a été possible de demander le service presse sur Netgalley, je me suis juste dit : ce sera parfait pour rester dans l’ambiance Halloween. Mon avis sur les précédents tomes était en demi-teinte. Autant j’adorais les personnages, leur style et leur humour, autant j’étais peu impliquée. J’étais loin d’avoir mon compte, pas d’empathie, et pourtant, ce n’est pas la volonté qui me manquait pour cela. Était-ce de mon fait ou manquait-il quelque chose ? 

Je me dis que cela peut être les deux. L’auteur offre une bande dessinée aux propos très adultes, à travers la dénonciation du comportement des grosses entreprises. Leur capacité à licencier leur personnel à tour de bras sans aucune considération est montrée du doigt plus d’une fois. Cette partie-là était essentielle. Cependant, j’étais plus sensible aux propos qu’à la situation même des personnages et à leurs émotions. Ma lecture de cette saga était devenue trop sérieuse et peu réceptive à la détresse de Gretchen. J’étais aussi à distance et moins touchée par les répliques pince-sans-rire et acidulées. Ce tome est mieux dosé entre l’écriture engagée, le combat, l’humour et l’ironie. Je m’y suis plus retrouvé. Ça faisait écho à mes idéaux et valeurs tout en me laissant assez de respirer pour pouvoir être impliqué et immergé par cette situation burlesque, triste et en même temps plein d’humour. 

La mise en page de ce tome joue également son rôle dans ce changement. Arthur de Pins prend plus de liberté. Ces dessins sortent du cadre et l’effet est immédiat, son lecteur est happé. Il nous montre des pages de journal comme si l’on tenait le journal dans les mains. Les bords des planches sont parfois absents permettant une meilleure immersion, car c’est comme si elle n’avait pas de fins. 

Gretchen a l’occasion de briller. Elle n’est plus juste la meuf stylée volant sur un skate balais, elle a une motivation, un but et elle est prête à se battre. Sa détermination et son courage sont beaux à voir. Le match qu’elle dispute avec d’autres sorcières de nationalités différentes permet une bataille d’idée et un jeu proche du Quidditch, un clin d’œil appréciable. L’Ukraine est représentée, ce n’est pas pour autant que l’issu de l’affrontement sera tendre avec sa sorcière. Est-ce un ras-le-bol de la guerre ou une façon d’interroger le lecteur sur l’idolâtrie de l’Ukraine dans les médias ? Est-ce une façon de faire une piqure de rappel, car Zelenski est loin d’être tout blanc ? Peut-on le voir comme une remise en question des implications des différentes parties ? Si le but est de nous questionner, c’est réussi pour moi. Certes, depuis le début du conflit, je suis en empathie avec la population ukrainienne, mais également avec la population russe. J’ai l’impression que dans les médias, nous oublions trop souvent qu’elle aussi souffre de ce combat et que les populations considérées dans leur ensemble ne sont pas ou toutes noires ou toutes blanches. Les pertes sont des deux côtés. Je tiens aussi à saluer le fait que Arthur de Pins ne tombe pas dans des facilités narratives et c’est tout à son honneur, car il enrichit son univers. 

En résumé, c’est un coup de cœur pour cette fin de saga, j’ai eu tout ce qu’il manquait aux tomes précédents notamment au niveau de l’amusement et des émotions. 

Tome précédent :

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Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)