Citation :

« – Tu ne dis rien ? Et pourquoi tu fais cette tête ?

– Ava… commença Hélin sans finir sa phrase.

Malgré la chaleur ambiante, un frisson glacé parcourut le dos de Lisbeth.

– Qu’est-ce qu’elle a ?

– Ava n’est pas rentrée.

Rejoindre les Brumes, être emporté par les courants.

C’est la destinée de tous les gens de ma famille.

Une crainte atavique.

Une sorte de malédiction.

 – Ma mère m’a dit qu’elle partait pour une grande rotation… Elle est peut-être juste un peu en retard ? »

Mon avis :

Et c’est encore une belle découverte pour moi, un mot sur la couverture, elle est sublime. Elle est scintillante et désertique. Elle vend du dépaysement et croyez-moi, on est servi. Le soleil est chaud et ardent. Il tape sur un paysage légèrement martien et pourtant… 

La(e) lectrice (eur) est transportée auprès de Lisbeth, une jeune Hydro. Sa vie est routinière. Elle se lève, se rend au travail, cherche de l’eau dans le désert Dallol, puis elle retourne à la maison pour se reposer. Elle est bien. Si elle se conforme aux règles, la milice la laisse tranquille. Elle est née dans un tel environnement. Il ne lui vient pas à l’esprit de le remettre en question. Sa seule rébellion est de garder pour elle les vestiges de l’ancien temps qu’elle débusque dans le désert. Elle les cache, car si la milice les trouve, elle pourrait avoir des problèmes. Elle est entourée de son collègue Sverre et du petit nouveau à bizuter. Puis sa vie pépère est bousculée par la disparition de sa mère. Sa mère était partie en mer pêcher, mais elle n’est pas revenue. Elle est parfois absente, plus de 4 sabliers, pourtant le temps s’égrène et elle ne franchit pas le seuil de la porte. Où est-elle allée ? Est-elle perdue en mer ? Les repères tombent autour de Lisbeth. Elle a déjà perdu son père dans la mer des Nuées. Elle n’avait pas l’âge pour intervenir. Pour sa mère, c’est une autre histoire. Elle a grandi. Elle pose des questions. Elle n’entrera pas sa mère sans avoir de réponse. Qu’y a-t-il au-delà des brumes ? Son père y est allé, est-il forcément mort ? Et sa mère ne peut-elle pas revenir ? Elle s’était déjà perdue en mer. Son cerveau mouline. Ses questions ne sont pas bien vues à Éremos. Ceux qu’elle interroge sur les nuées ont peur, mais de quoi ? Et pourquoi ne parle-t-on pas de la Nuit ? Pourquoi a-t-on autant peur de l’obscurité ? 

Le journal est l’histoire d’Éremos et de ses origines. L’auteure parle d’espace et de loi physique. Je peux juger que les bases, car je ne suis pas une flèche en physique, ce que j’ai lu me semble juste. Les détails et les précisions qu’elle apporte sur l’environnement de l’auteure du journal et astronaute sur la station spatiale internationale rendent son récit plus vrai que nature. 

Tout est pensé, le lieu, l’horaire et le temps. L’horodatage est différent. Le journal élément du passé parle d’heure, mais Lisbeth vit en l’an 376 AGS. Les journées s’appellent jour perpétuel. N’y a-t-il pas de nuits ? Comment est-ce possible ? Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qu’AGS ? L’auteure est attentive au détail, sa plume efficace fait le reste du travail pour une immersion complète. 

Ce livre de science-fiction jeunesse coule, se boit et se dévore. Les chapitres sont courts. Les chapitres s’alternent entre un point de vue externe et un journal intime. Le (a) lectrice (eur) sait que les deux sont dépendants, mais comment vont-ils se rejoindre ? 

En bref, je me suis régalée. L’auteure impose un rythme soutenu entre accélération et ralentissement. J’étais suspendu en attente de la suite. Je soutenais Lisbeth, j’espérais qu’elle retrouverait sa mère. Sans m’être attachée à elle, j’ai été touchée par cette jeune fille, elle est ébranlée. Elle n’a même pas le temps de se remettre de la disparition de sa mère. Elle ne veut ni ne peut y croire. A-t-elle raison ? 

★★★★★

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Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)