Fragment de livre en guise de mise en bouche :

Si bien que, quand ma mère est morte et que la responsabilité m’est revenue de m’occuper d’une sœur diminuée et d’un frère indiscipliné, je suis rentré dans mon village avec de la colère et de l’amertume. Je me voyais pris au piège, ma vie était gâchée ! Et puis, bien sûr, il est arrivé…

Dumbledore regarda à nouveau Harry dans les yeux.

Mon avis :

Je replonge en enfance… ça fait du bien parfois. J’avais beaucoup aimé ma relecture des précédents tomes plus que ma première lecture. J’avais su apprécier : l’évolution des personnages, la double lecture d’Harry Potter (xénophobie, racisme ou encore des références à la Seconde Guerre mondiale via les sangs purs plus forts que les sangs mêlés). À mes premières lectures, je n’avais pas fait le lien, pourtant assez évident quand on y pense. Cela donne encore plus de valeur à cette saga. C’est un plus. 

Ensuite, c’est un peu grâce à elle et à Pierre Bottero avec Ewilan si je me suis réconciliée avec la lecture, donc elle a une valeur affective. 

J’ai eu l’occasion de débattre sur le tapage médiatique dont a bénéficié cette saga avec Mathilde du blog « Critique d’une lectrice assidue ». Je choquerai peut-être certains, mais je comprends qu’elle soit perplexe. C’est une bonne saga, avec des personnages bien cabossés, un méchant Voldemort à vous en donner des frissons, le tout mélangé à une trame et une plume efficaces. Cependant, ce n’est pas un chef d’œuvre non plus. Je trouve cela dommage, que d’autres auteurs comme Pierre Bottero qui a un vrai don pour se mettre dans la peau des adolescents soient moins connus ! J’ai parfois eu l’impression qu’Harry Potter avait le syndrome du héros. Certes, il dit devoir se sacrifier pour le bien des autres, mais J. K. Rowling a également un regard d’adulte qui grossit le trait. On s’attend à un personnage mature et grandi par les épreuves et pourtant il a parfois des comportements immatures et ingrats vis-à-vis de Ron et d’Hermione. Dans ce tome, ses défauts ressurgissent. Après il sait faire preuve d’altruisme, il ne veut pas que ses amis se mettent en danger pour lui, etc. Mais en vrai, ils le sont qu’ils soient avec ou sans lui, si l’on y réfléchit. C’est un peu irrationnel tout ça, mais bon c’est le propre d’être humain. Malgré tous ces défauts, les bêtises ou leurs plans qui vont à vau-l’eau m’ont toujours permis d’y trouver mon compte, de rire parfois et d’espérer que quoiqu’il arrive le bien triomphe.

Ce tome marque également la volonté de J. K. Rowling de casser le mythe de Dumbledore. Harry l’a érigé en héros, il l’a vu comme quelqu’un de parfait, qui a toujours fait les choix justes. J. K. Rowling le présentera avec ses failles et ses défauts. C’est sans doute le personnage qui finalement évolue le plus dans ce tome. Dumbledore est le personnage qui m’a le plus touché, car il est descendu de son piédestal ainsi la distance entre la(e) lectrice (eur) s’est réduite de manière radicale.   

Un point que j’avais effacé de ma mémoire. J. K. Rowling aime le sang et les morts. Mon petit cœur a clairement saigné à la lecture de ce tome. Sniff !!! J. K. Rowling est loin d’être tendre avec ses personnages. Elle se rattrape avec le final bien qu’elle ait un léger goût amer.

En bref, j’ai apprécié ma relecture, cette saga avec ses forces et ses faiblesses. Ce ne sera pas le tome que je préfère, mais une bonne conclusion et des portraits plus nuancés.

Note : 4 sur 5.

Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)