Mon avis
Suzanne se fait griller sur scène par un courant électrique pour un baiser et quelques centimes. Elle offre aux hommes un coup de foudre et l’impression que le courant passe pendant quelques secondes. Son supérieur trouve qu’elle n’y met pas assez du sien. La paie ne justifie pas une implication outre mesure. Dans son temps libre, elle fume sous la roulotte de la voyante : un instant de paix, une animation sympa, de quoi passer le temps en somme.
Elle s’introduit chez la voyante dans l’espoir de cicatriser un peu ses plaies. Celle-ci est la mieux lotie. Sa petite effraction est surprise par un client : Antoine Balestro. Elle a beau lui dire qu’elle ne peut pas faire de séance, qu’elle est fatiguée et que les esprits ne sont plus là, rien n’y fait. Il est désespéré et prêt à lui donner beaucoup d’argent. Suzanne a d’abord des scrupules, puis les billets s’entassent et elle y voit l’occasion de fuir et de rembourser sa dette au cirque.
Armand, le meilleur ami et galeriste d’Antoine Balestro, est scandalisé par ce qui se joue sous ses yeux. Il rattrape Suzanne. L’incendie de tous les mots… et rejoint son ami. Et là, le miracle : Antoine a recommencé à peindre. Cela faisait des années qu’il n’avait plus touché un pinceau. La mort de sa femme l’avait laissé à l’état de loque, un homme rongé par l’alcool. Armand met ses scrupules de côté : Antoine est l’un de ses meilleurs peintres. Il ne peut pas se permettre de tirer un trait sur lui. Suzanne est engagée. Elle sera payée au nombre de toiles qu’Antoine peint. Cependant, il y a un hic : Suzanne n’est pas voyante. Elle ne connaît pas les codes du métier. Certes, elle a observé et écouté sa collègue. Heureusement, Armand va l’aider, ainsi que les carnets d’Irène, la femme décédée d’Antoine, à rendre les séances de voyance crédibles.
Ce jeu risque de mal finir. Que se passerait-il si Antoine découvrait la vérité ? Et que faire si, en croyant apercevoir Irène dans les traits et les mots de Suzanne, celle-ci commence à le voir lui : sa culpabilité, sa délicatesse, sa sensibilité ?
Ce film oscille entre comédie, quiproquos et situations cocasses, avec des moments de doux rire. Mais c’est aussi beau et triste à la fois… Le deuil, la brutalité de la disparition sont traités avec douceur, tendresse, mais aussi désespoir. Cette culpabilité qui colle aux basques d’Antoine cache-t-elle quelque chose de plus profond ?
Le jeu des acteurs est bon et porté. Le rythme est parfois lent. Les décors d’époque et les costumes sont magnifiques : on s’y croirait. L’ensemble est réussi.
En résumé
Il m’a manqué la petite étincelle pour en faire un coup de cœur, mais c’est un beau film. Des paysages urbains splendides, un jeu d’acteurs intense, une vie parisienne vibrante et un amour de l’art qui transporte. Un film à voir, peut-être pas sur grand écran, mais à découvrir.
Notation
Synopsis

Résumé en image



