Cher(e) loulou,
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Mon avis
Cette mini-saga avait commencé par me laisser un sentiment étrange. Rutsubo n’a pas de véritable famille aimante : une grand-mère au visage doux, certes, mais un oncle et une tante qui s’occupent d’elle davantage par devoir que par affection. Son père, lui, a toujours su qu’elle existait, sans jamais chercher à la rencontrer.
Rutsubo est une enfant muette d’une dizaine d’années. Un été, elle se voit contrainte de passer quelque temps avec ce père qu’elle ne connaît pas, parce qu’« il est temps ». Elle le déteste d’avance, convaincue qu’il ne se souvient même pas de sa mère. Pour lui, leur histoire n’était qu’une aventure, un souvenir sans importance. Elle est donc décidée à le haïr. Pourtant, Shima l’accueille avec une attention discrète, sans forcer le lien. Il lui laisse de l’espace. Et heureusement, il y a Shôji, son colocataire : un grand adolescent dans un corps d’adulte, maladroit et attachant, qui vient alléger les silences entre père et fille.
La meilleure amie de Shima, sa voisine, joue aussi un rôle précieux. Franche et rayonnante, elle le pousse parfois à ouvrir les yeux sur ce qu’il refuse d’admettre. Peu à peu, dans cet environnement simple mais sincère, Rutsubo s’adoucit. Elle commence à s’intéresser à son père, à s’attacher à lui. Lorsque la fin des vacances approche, l’idée de le quitter lui devient difficile.
Un jour, Rutsubo demande à Shôji de l’aider à visiter le lieu de travail de son père. Et là, tout bascule. Je ne dirai rien de plus — si ce n’est que rien n’est jamais gagné d’avance. Le dénouement, que l’on espère heureux, prend une tournure inattendue. Nozo Itoi ne choisit jamais la facilité, et c’est ce qui rend cette histoire si précieuse. Shima reste un père absent, un homme détaché des choses et des gens… mais le contact avec sa fille a-t-il réveillé quelque chose en lui ? La réponse semble évidente, et pourtant il faut la lire pour en mesurer toute la justesse.
Certains passages flirtent avec le fantastique, notamment à travers les souvenirs de Rutsubo liés à sa mère : une femme enceinte qui « parle » à son enfant à naître, un fœtus qui garde la mémoire des émotions et des mots reçus avant sa naissance. Ce concept peut sembler étrange au départ, mais il se fond peu à peu dans le ton poétique et mélancolique du récit.
En bref
Je ne suis pas sûre que cette histoire m’aurait touchée de la même manière plus jeune. Aujourd’hui, elle m’émeut profondément. La conclusion est parfaite : ni simpliste, ni tortueuse, juste humaine. Rutsubo et Shima se sont enfin trouvés… et pardonnés. C’est beau, sincère, et terriblement vrai.
Note
Synopsis

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Temps de lecture
Bonne lecture !




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