Fragment de livre en guise de mise en bouche :

« — Un mort, Capitaine, un corps nu englué dans un arbre.
Il est trois heures du matin. Elle se réveille. Et un corps nu englué dans un arbre ! Elle se surprend à visualiser la scène, le temps d’un silence. Voilà donc comment un homme peut finir de vivre. Il aura été salaud ou charitable, couard ou violent, ignare ou cultivé, intelligent peut-être même, et maintenant il est mort, nu et englué dans un arbre. Mauvais karma pour lui, et mauvais réveil pour elle.
Elle revient à l’heure qu’il est, 3 h 07, entre un dimanche soir de naufrage et un petit matin de lundi échoué. Elle décide qu’il lui faut d’abord le réconfort d’un café fort.
— Pourquoi nous ? demande-t-elle en rejetant les draps. »

Mon avis :

Cette chronique, je l’ai écrite à reculons. J’ai essayé de vous donner tous les éléments qui me paraissaient importants pour comprendre mon avis. 

J’ai apprécié ma lecture, mais sans plus. Des cadavres sont retrouvés, jusque là tout est normal. Je ne vous dis pas la description de la scène de crime. Brr, j’en ai des frissons. Je comprends que les criminels fassent preuve d’inventivité, mais personnellement, je me passerais de certains détails. C’est glauque. Cette série de meurtres au modus operandi assez différent ne peut être l’œuvre d’un serial killer. Rien ne les relie. Enfin, la police va creuser et l’enquête se corse. J’ai comme la sensation que tout ne réside pas dans la recherche du coupable. Les enquêteurs vont fouiller, remuer le passé et faire ressurgir des secrets avec des implications hors normes. 

L’intrigue de l’auteur a une double fonction, le suspense, la recherche du coupable, le mobile, mais également dévoiler la vie privée de sa capitaine, Marion Barthes au sein des Affaires spéciales de la gendarmerie nationale. C’est l’occasion de déterrer son passé et découvrir un frère de l’autre côté de la justice et un suspect éventuel dans son affaire. Vous pouvez compter sur Marion pour le mettre derrière les barreaux, elle ne fait pas d’états d’âme. C’est cette absence d’affect qui m’a un peu rebuté. Heureusement, elle n’est pas comme ça avec tout le monde. Son fils et elle forment un duo touchant. Elle l’aime et s’adapte à l’autisme Asperger de son fils. Cependant, cette relation est aussi malsaine, son fils d’à peine 10 ans regarde les photos des scènes du crime et apporte son aide. C’est décalé. J’ai eu l’impression que l’auteur l’utilise pour faire avancer son enquête. Ça m’a dérangée. Certes, ça tourne le handicap comme un avantage. La relation affectueuse mère/fils est beaucoup plus saine. Concernant Marion, elle est froide à part dans les moments forts avec son fils. C’est assez déstabilisant pour le (a) lecteur (rice), mais l’auteure réussit à le justifier, car plus l’on creuse dans sa vie privée, plus on comprend son mécanisme de défense. Je vous dirais juste que son mari est le pendant humain de Zeus au détriment de son fils. C’est le point qui m’a le plus fait grincer des dents, parce qu’il n’est que peu critiqué par l’auteur. 

Une seconde chance, c’est un thème assez récurrent que ce soit dans la littérature ou dans les films. Ici, encore à travers le frère de Marion, la(e) lectrice (eur) a l’occasion de creuser le sujet. La thématique est plutôt bien amenée. J’ai bien aimé le personnage du frère ours bourru et doux avec ses enfants et ses animaux. Humainement, il avait plus de qualité que Marion. 

L’affaire est politisée et pour moi, ça ne l’a pas fait. L’auteur nous présente un monde politique absolument vérolé. Dans l’idée, cette critique me paraissait intéressante, mais qui m’a gêné, car elle est loin d’être constructive. Elle est à l’image de Jason Borne, cavalier seul, sauf que lui, il a pu bénéficier d’appui ce qui n’est pas le cas ici. 

En résumé, c’est une lecture appréciée, voire mitigée. Elle a des points positifs notamment une plume assez prenante, des personnages secondaires touchants et des points négatifs via l’émotion absente, l’affaire qui tourne à un vaste complot, et des comportements peu critiqués. Ce roman est le premier de l’auteur, il y a du potentiel. 

Note : 3 sur 5.

Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)