La promesse de l’oasis de BEATRICE COURTOT

Fragment de livre en guise de mise en bouche :

« — C’est une façon de guérir en quelque sorte. La transformation de la douleur en énergie créative est une bonne manière de gérer sa souffrance. Et n’oublie pas : continuer à vivre ne signifie pas ignorer sa tristesse. »

Mon avis :

Une envie de replonger !
J’avais adoré La vallée des oranges de la même auteure. Béatrice Courtot avait une plume légère, chaleureuse, douce et sucrée. J’avais hâte de me replonger dans cette ambiance. Alors quand j’ai vu ce nouveau livre de l’auteure, je me suis précipitée dessus. En plus, il était sur la guerre d’Algérie, une période de l’histoire qui m’intéresse tout particulièrement.
Une histoire en deux temps !
Nour est une professeure de danse classique. Elle a perdu ses parents très jeune. Elle est élevée par son grand-père, Daniel. Ils ont une relation fusionnelle. Puis tout bascule, quand celui-ci se fait hospitaliser après avoir eu un AVC. Elle découvre une lettre qu’elle soupçonne être responsable de son attaque. Elle reconnaît l’écriture de la lettre, c’est celle de sa grand-mère. Mais comment a-t-elle pu l’écrire, elle est morte depuis longtemps. Qui peut bien avoir envoyé cette lettre ?
En parallèle, on suit Daniel dans l’Algérie des années 50 un peu avant la guerre d’indépendance. C’est un fils de pieds noirs d’origine Corse. La vie lui sourit, il va pouvoir aller à Alger pour ses études de pharmacie. Il est sur un petit nuage. Mais les dissensions politiques se font doucement sentir.
J’ai été très emballée par toute la partie historique sur la guerre d’Algérie. J’ai pu voir quelques similitudes historiques avec L’art de perdre de Alice Zeniter sur la même période.
L’auteure est très critique. Elle fait intervenir le plus de partis possibles via les relations de Daniel : sa famille, ses amis. Certes, ses parents avaient des origines françaises, mais lui est né en Algérie, il se sent autant français qu’Algérien. Ses amis sont des autochtones (comme on les appelle), des fils de migrants comme lui… Bref, peu importe les origines, ils sont amis mais la guerre va tout faire basculer. Ses frères de cœur vont devenir des ennemis… Et l’auteure décrit bien cette ambiguïté. Les points de vue qu’elle présente sont intéressants, approfondis. Ils m’ont fait réfléchir. La question est loin de se résumer à qui a tort et qui a raison.
Là où je suis un peu moins emballée c’est par la partie actuelle. Nour, son indécision, son côté girouette et perdu qui m’avait tout d’abord intrigué, m’a assez vite lassé. J’ai eu l’impression qu’elle n’apprenait pas de ses erreurs. Si son côté méfiant envers son petit ami semble justifié, ensuite, c’est sans fondements et fatiguant. C’est un homme à l’écoute, gentil, prévenant… Et elle, elle est tellement, rho, énervante. Mais tout cela ne m’a pas empêchée de m’émouvoir à certains moments, voire de compatir parfois avec les épreuves qu’elle traverse.
Hic et top !
J’ai trouvé ce roman un peu longuet et assez lent. Dommage car l’environnement historique est vraiment trop génial, bien construit et complexe avec un turn-over surprenant et réaliste.

En résumé : C’est une bonne lecture avec un fond historique riche, une histoire d’Algérie complexe… tous les intervenants y sont.

Ps : Attention, toute la guerre d’Algérie n’est pas traitée pour des raisons liées à l’intrigue.

Note : 3.5 sur 5.

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