Mon avis :

Derrière ce livre, il y a toute une histoire de lecture. Je ne peux décemment pas vous parler de ce livre sans vous parler de mes attentes le concernant. Le titre de ce livre m’a longtemps trotté dans la tête. Je me disais Salem, peut-être un lien avec les sorcières de Salem. Est-il possible que Stephen King ait écrit un roman d’horreur se basant sur le mythe des sorcières de Salem ? Mmmhhh, intéressant ! Je gardais le titre en mémoire.

Quand l’occasion s’est présenté sur Vinted, la version illustrée et augmentée en plus, je n’ai pas résisté et j’ai sauté le pas. Je n’avais toujours pas regardé le résumé. J’ai une confiance tellement relative dans les synopsis que je ne prends même plus la peine de les lire. Je me suis lancée dans la préface de l’auteur, je l’ai dévoré et j’en suis restée coite. La révélation du siècle, ce roman ne parle pas de sorcière ! Pardon ! Je n’ai pas bien lu, on retente. Oui, il y a bien écrit « vampire » et non « sorcière ».

J’ai profité d’un petit temps de pause, le temps que je me relève et me remette de mes émotions. Bon, ce n’est pas bien grave… Les vampires sont cool aussi, d’autant que Stephen King est un grand fan de Dracula de Bram Stoker. Donc, adieu, Edward, Stephen et leur cœur d’artichaut et bienvenue glorieux et sanglant Dracula. 

Au vu de mes attentes, on pourrait s’attendre à une déception de ma part, mais pas du tout ! Cette pointe de déception fut fugace et assez vite balayée par un récit efficace, fou et mouvementé. 

D’ailleurs pourquoi Salem du coup, y a-t-il un lien avec les vampires que j’ai loupé ? Salem est une abréviation de Jerusalem’s Lot, la gentille petite bourgade où se passe tout ce remue-ménage. Ben Mears est écrivain de profession. Il est depuis quelque temps sur un nouveau roman. Il se lance dans le projet, mais pour cela, il a besoin de fournir son roman. Il a besoin de matière, quoi de mieux que la maison hantée de son enfance, celle qui le fait encore cauchemarder aujourd’hui : Marsten House.

Il ferait bien de se rendre à Salem pour avoir sa source d’inspiration sous les yeux. Et qui sait, peut-être pourra-t-il y habiter ou la louer pour l’occasion ? Je commence à me poser des questions : que s’est-il passé à Marsten House ? Ben n’est-il pas un peu maso de vouloir y habiter ? Est une simple peur d’enfant ou quelque chose de plus concret ? Avec mes questions, je poursuis ma lecture, ma curiosité est éveillée, mon cerveau carbure. J’ai besoin de réponses.

Ben Mears à peine arrivé en ville, il fait connaissance avec Susan, une jeune fille du coin et une de ces lectrices. Le feeling passe bien. Il se parle. Ben Mears reste cependant en retrait, et oui on ne dit pas tout dès la première rencontre. Leur complicité naît petit à petit, mais le nuage de Marsten House et de Salem demeure. C’est au tour de Ben de tomber sur ses fesses, quand il apprend que Marsten House a trouvé un acquéreur.

Qui voudrait d’une maison avec un passif comme la sienne ? Qui serait assez fou pour y vivre alors qu’un simple regard à cette maison fait frissonner les plus courageux ? 

Salem est un livre d’ambiance avec des personnages attachants, parfois profondément débiles, mais bon il en faut. Ben Mears est un écrivain comme Paul Sheldon dans Misery, contrairement à ce dernier, Ben est plus concret, je me suis vraiment attachée à lui. Loin de l’image du beau gosse fort et intelligent, il est sensible, gentil et respectueux. Il me fait l’effet de l’écrivain habité, rat de bibliothèque, et en même temps d’une âme en peine qui cherche le réconfort. J’ai également accroché à Susan, elle est rafraîchissante, caustique et rêveuse. 

De plus, pour une fois, nous sommes loin du stéréotype de la blonde bimbo, qui tient 15 minutes avant de se faire bouffer parce qu’elle a deux neurones dans le cerveau. Merci, Stephen King, de ne pas être tombé dans ce panneau, car j’aurais refermé le bouquin tellement c’est cliché. 

En bref, j’ai beaucoup aimé. Pour moi, ce n’est pas un roman d’horreur, mais plutôt un roman fantastique, car je n’ai ni eu peur ni de frisson ni même un léger frémissement. Cela ne m’a pas empêché de croiser les doigts pour que les protagonistes survivent, de pester quand l’un d’entre eux se faisait vampiriser. L’auteur n’est pas tendre avec ses personnages.

Note : 4.5 sur 5.

Les deux nouvelles sont vraiment très sympas à lire et immersives. La deuxième étant plus longue, j’ai eu plus de matière à me mettre sous la dent. J’ai donc un faible pour celle-ci. Elles sont toutes les deux sur Jerusalem’s lot. Ces deux nouvelles apportent leur lot de disparitions. La première offre un bon flashback dans le temps qui me laisse perplexe. 

Et parce que l’on en veut toujours plus, une citation pour finir :

« —  Et le livre ? demanda-t-elle. Tu allais m’en parler quand nous nous sommes interrompus, si délicieusement.
—  C’est un livre sur Marsten House, dit-il d’une voix lente. Peut-être ne l’a-t-il pas été au départ, pas entièrement. Je pensais qu’il allait avoir la ville pour sujet. Mais je me demande si je ne suis pas en train de m’égarer. J’ai fait une enquête sur Hubie Marsten, tu sais. C’était un tueur. La société de transport n’était qu’une façade.
Elle le regarda avec stupéfaction.
—  Comment est-ce que tu as appris tout ça ?
—  Un peu par la police de Boston et beaucoup par une femme du nom de Minella Corey, la sœur de Birdie Marsten. Elle a soixante-dix-neuf ans maintenant ; elle ne se souvient pas de ce qu’elle a mangé au petit déjeuner, mais elle n’a rien oublié de ce qui s’est passé avant1940.
—  Et elle t’a dit…
—  Tout ce qu’elle savait. »

Salem de Stephen King

Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)