Cher(e) loulou,
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Mon avis
Étrangement, le début de ce livre a été très difficile pour moi. Les paysages de Nouvelle-Zélande me plaisaient pourtant beaucoup : l’atmosphère, la culture maorie, la faune… tout avait de quoi me séduire. Mais les personnages, eux, me laissaient globalement indifférente. Plus de 100 pages sans véritable déclic. J’étais prête à abandonner, puis j’ai décidé de faire confiance à Mélissa Da Costa. Ses personnages ont toujours quelque chose d’atypique et c’est justement l’une de ses plus grandes forces.
J’ai donc poursuivi malgré mon détachement vis-à-vis de Flore. Ce personnage est tellement éloigné de mes valeurs, ou plutôt de ce qu’elle donne à voir au départ, que j’avais du mal à l’apprécier. Elle semble volage, étrange, déconnectée… presque indifférente au monde. Mais tout est dans le “semble”. Si tu es comme moi, sois patient, car comme le pressent Milly, Flore cache un vrai potentiel, un petit quelque chose qui finit par émerger. Cette haine d’elle-même n’est pas née de nulle part.
Parlons justement de Milly. C’est une fille de l’océan, une sorte de Vaiana blanche qui se sent profondément maorie. Une femme des causes perdues, amoureuse de la nature, une belle âme immédiatement intriguée par les autres, leurs blessures, leurs différences. Flore, avec sa silhouette frêle et son envie de disparaître au bout du monde, devient rapidement un mystère à ses yeux. Cette jeune Française paraît incapable de survivre dans ces terres sauvages. Une bourrasque semble pouvoir l’emporter. Pourtant, elle déjoue tous les pronostics. Sa présence devient une source de curiosité pour Milly, qui a envie d’en apprendre davantage sur elle. Lui ouvrir sa baie et ses secrets n’est qu’un début.
Autumn, elle aussi, se laisse surprendre par ce petit bout de femme. Flore vient bouleverser leur quotidien et détourne Milly de ses pensées pour Kai, son amour d’enfance désormais marié à une autre. Une distraction bienvenue.
Autumn est un personnage fascinant. Peu bavarde, presque rugueuse, elle cache son affection dans les gestes et les petites attentions. “Bourrue” lui va parfaitement, même si le terme est souvent associé aux hommes. Pourtant, derrière cette carapace, elle a ses failles et ses peurs. Elle ne les masque pas vraiment. Heureusement, l’amour de sa fille et leur compréhension mutuelle l’aident à tenir debout. C’est aussi une mère protectrice, parfois étouffante. Milly s’inquiète pour elle, car depuis la mort de son père, Autumn s’est peu à peu enfermée dans une forme de mélancolie. Une enfant ne devrait pas avoir peur pour sa mère… et pourtant.
Mélissa Da Costa dresse ici le portrait de trois femmes très différentes, amenées à vivre ensemble et à évoluer les unes grâce aux autres. Chacune apporte sa propre vérité, sa façon d’aimer et de survivre. Leur dynamique est surprenante, parfois explosive, mais ensemble elles deviennent une vraie force. L’histoire se construit lentement, mais avec beaucoup de justesse. Même si le début peut sembler long, la suite mérite largement que l’on s’accroche.
Chez Mélissa Da Costa, l’amour n’a jamais vraiment de genre. Il s’impose, se transforme et se redéfinit constamment.
En bref,
J’ai eu énormément de mal à entrer dans cette histoire. Flore est comme un oursin : il faut réussir à dépasser les épines pour la comprendre et l’apprécier. Les barrières mettent du temps à tomber, puis elle finit par se dévoiler. Milly est lumineuse, pleine de bonté et d’innocence. Autumn, elle, est peureuse et bourrue, mais profondément touchante. Finalement, le mélange fonctionne très bien et je ne regrette pas d’avoir persévéré au-delà des 100 premières pages.
Citation
« Flore se réveille avec les premières lueurs de l’aube, ne comprend pas ce qu’elle fait là, dans l’habitacle. Le véhicule est stationné sur un minuscule sentier et Milly s’est endormie sur le siège conducteur. Elle a mal partout, frissonne, elle est glacée. L’heure bleue est toujours la plus fraîche. Elle se redresse et quelque chose glisse de ses épaules. Un gilet fluorescent, probablement déposé par Milly. La seule chose qu’elle a dû trouver pour la couvrir. Milly… Qu’a-t-elle dit cette nuit sur la piste de danse ? Elle avait son regard fou et ses mains fraîches posées sur ses joues. »
Note
Synopsis

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Bonne lecture !



