Cher(e) loulou,
Table des matières
Mon avis
Pour l’instant, c’est une histoire de vie. Un amour sûr. Un amour routinier. Cela va bien à l’un, mais pas à l’autre. La tromperie. Les envies différentes. Cette fois, c’est la femme qui part et l’homme qui est désemparé.
« Il m’a quittée, je te quitte. »
Le parallèle est parfois délicat. L’homme peut quitter et la femme pas. L’homme peut abandonner ses enfants et la femme pas. Dis-moi où est écrite cette loi ?
Est-ce surprenant ? La loi marocaine n’est pas prête à ce cas de figure. La femme demande le divorce. L’inverse, oui… Le mari est médecin et la femme pharmacienne. Elle vient d’une famille aisée et lui, d’une famille de la classe moyenne. Elle a fait des investissements, il accepte des patients sans le sou. Lamia gagne plus, Nabile reçoit donc une pension alimentaire, autre grosse nouveauté. Il a la garde des enfants, car elle a fauté… Les rôles s’inversent.
Leur couple était tombé dans une routine. Nabile pensait que tout allait bien entre eux, mais depuis quelque temps, Lamia s’enfermait dans la salle de bain, puis ouvrait la porte et ressortait en pleurant. Les conversations étaient vides. La routine semblait tuer leur couple, mais personne ne se battait pour le sauver. La communication était rompue, jusqu’à ce que cette bombe explose un soir sans prévenir.
Les « pourquoi ? », « Qu’ai-je fait de mal ? ». Nabile vit une profonde remise en question tandis que Lamia se détache. Pourquoi le comportement de Lamia fait-il autant jaser ? Quand c’est l’homme, ce n’est pas le cas. Ce sont les drames de la petite bourgeoisie marocaine moderne.
Comme je le disais, l’inversion des rôles est parfois délicate. Lamia quitte le cocon familial pour une aventure qui la fait vibrer, sans penser aux conséquences. C’est un comportement que l’on associe plus volontiers à un homme. Pourtant, pourquoi une femme ne pourrait-elle pas le faire ? L’auteur est parfois maladroit dans ses propos. Les stéréotypes de genre ne sont pas encore totalement déconstruits.
Lamia restera le point noir de ce roman. Si j’aime son ambition, j’ai plus de mal avec sa froideur et son côté gosse de riche. Elle manque de générosité, de temps, mais aussi d’empathie. Nabile est tout son contraire. Même si, dans la rupture, il montre un visage sans gloire et complètement décomposé, c’est un homme avec un grand cœur. J’avoue que ce contraste dessert le propos de l’auteur. Presque une dénonciation sociale avec un discours féministe : la femme qui s’émancipe doit forcément avoir son lot de défauts.
Céline Esperin et Pierre Rochefort donnent vie au récit. La femme en mal de désir et de liberté, l’homme remis en cause dans son couple. Amour et désespoir.
En résumé
Tahar Ben Jelloum s’attaque à une histoire de désamour, une aventure, un point de rupture. La femme quitte l’homme, et c’est le début d’un jeu sur les stéréotypes de genre. Les rôles sont inversés. Entre modernité, femme émancipée et jugement, ce roman dépeint une société marocaine en pleine évolution.
Note
Synopsis

D’autres avis sur la toile
D’autres livres de l’autrice
Résumé en image


Temps de lecture
Lu dans le cadre du Shiny Summer Challenge 2026, menu Alexandrie Alexandra catégorie Mission Cléôpatre !
Bonne lecture !
En savoir plus sur Les Paravers de Millina
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



Roh merci 🤩 ton commentaire élogieux fait plaisir car je ne savais comment bien faire parvenir mon ressenti.
J’aime beaucoup comment ta chronique est écrite. Ce roman pourrait m’intéresser.
Il est aussi bien trouvé dans la catégorie « Alexandrie Alexandra » : bravo !