Fragment en guise de mise en bouche :

Aujourd’hui, quand je suis rentrée du lycée, de notre deuxième jour d’école après les vacances, il y avait une lettre avec mon nom dessus collée sur le portail. Ça m’a fait drôle de la trouver là, mais je me suis doutée qu’elle était de Sky. Je me suis assise dehors, sur le banc, et j’ai déchiré l’enveloppe. Je pense que, quelque part, malgré moi, j’avais encore de l’espoir. Et d’ailleurs elle commençait comme une lettre d’amour, à l’ancienne. Comme quoi j’étais différente des autres. Et tellement exceptionnelle,
etc. Et comme quoi il m’aimait tant. Il m’expliquait qu’il s’était décidé à me déposer cette lettre car, de vive voix, il craignait de ne pas savoir quoi me dire.

Mon avis :

Je pensais que le format épistolaire ne me convenait pas. Après une centaine de pages, je n’étais toujours pas dedans. Un jour en cours d’anglais, leur professeur leur demande d’écrire une lettre à quelqu’un de connu qui est mort. Laurel en écrit une puis deux. Elle ne les rend pas, mais elle ne s’arrête pas d’écrire pour autant. 

Laurel écrit ces journées puis ses réflexions viennent enrichir cet échange épistolaire avec les morts. Elle se livre dans ses lettres, néanmoins, elle n’ose pas se dévoiler totalement même sur le papier. Les destinataires sont toutes des célébrités qui se sont suicidées. Le suicide est abordé de front. Elle leur parle de sa vie après la mort de sa sœur. Laurel reste en superficie, même à ses personnes qui ne liront jamais ces lettres, car elles sont mortes. Elle va de confidence en confidence. Cette lenteur témoigne d’une certaine pudeur et d’un chagrin difficile à surmonter. C’est une chose que je peux comprendre, je n’ose imaginer comment je réagirais à sa place. Rien que de penser que je pourrais perdre ma sœur me fait peur, ma réaction face à cela serait d’autant plus violente. 

De plus, nous avons des caractères bien différents et ses fréquentations sont aussi blessées qu’elle. L’univers qui en ressort est assez noir et dramatique. Les âmes blessées s’attirent. C’est compréhensible, mais cela apporte une certaine lourdeur au récit. Une lourdeur qui m’a d’abord fait fuir. Puis petit à petit, je suis passée outre les blessures et les cœurs cabossés. J’ai découvert des personnages qui valaient le détour : Nathalie la petite fleur bleue aimante, Hannah l’abeille qui butine, mais retourne toujours dans le même nid, Sky, le garçon stable qui fuit la folie (l’ancre du monde de sa maman) et la tata de Laurel croyante, rigide pourtant là plus que sa mère. 

Elle passera par toutes les étapes du deuil, la colère, le déni… C’est un chemin difficile et ardu. Elle est comme un funambule, le moindre coup de vent pourrait la faire tomber et l’horizon est une famille dysfonctionnelle. Son combat est beau. Saura-t-elle se relever ? 

 J’ai eu du mal à m’attacher à Laurel et Hannah qui sont des filles au comportement autodestructeur. J’ai eu tout de suite des atomes crochus avec Nathalie. Elle est douce, présente… Leur amitié avec Laurel est étrange, mais la base m’a touchée : l’acceptation sans restriction ou presque. Elle a des travers, mais elle est l’ancre du groupe. 

Laurel me plaisait avec ses réflexions, ses idées qu’elle écrivait pour des chanteurs tels qu’Amy Winehouse ou encore Kurt Cobain. Elle se retient, mais peu à peu les digues lâchent et là elle m’a happée. La retenue part, on arrive sur le fond du problème et c’est vraiment bien. Et là, j’étais dedans un sacré revirement. 

En résumé : Je me suis approchée du coup de cœur. J’ai même failli verser une larme. La fin est juste au top. Les éléments se dévoilent, on la devine et malgré tout, elle touche le cœur. 

Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)