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Mon avis :

C’est une très bonne lecture. Elle est intéressante, car, en plus, d’avoir un point de vue féminin, on a également un point de vue masculin sur ce sujet. Si les histoires qu’ils racontent sont affligeantes, ce qui l’est sans doute encore plus, c’est que certaines de ces situations me paraissaient normales ou en tout cas, qu’elles ne valent pas le coup que l’on se batte. Je repense à un moment où je me baladais dans Paris en robe avec des talons. Tout ce que j’ai récolté, ce sont des sifflements ou des huées. Cela m’a enlevé le goût des robes. Dans cette situation, je me sentais coupable. Ma solution a été d’arrêter de mettre des robes quand j’allais dans des quartiers de Paris en particulier. Ce n’est peut-être pas très courageux, mais si je veux faire une balade tranquille autant tout faire pour.

Thomas Mathieu s’interroge sur les raisons d’un tel comportement, bien qu’il ne l’excuse pas. Ces comportements sont bien ancrés dans notre société. Ils ne viennent pas de nulle part. Souvent, l’on reproduit ce que l’on nous enseigne, ce que l’on voit ou que l’on lit… Les films ne manquent pas d’exemple ainsi que les journaux télévisés. Il illustre ces propos. Le problème, c’est qu’ils sont rarement critiqués dans ce sens. Du coup, ils paraissent normaux surtout pour les garçons qui font rarement l’objet de ces comportements dégradants et minant.

Une fois, nous avons eu des mots au sein de notre groupe d’amis, les garçons ne comprenaient pas que les remarques sur notre physique sont lourdes et que certains compliments ne soient pas ressentis comme tels. La discussion a tourné autour de comment dire à une fille que l’on est intéressé par elle sans qu’elle le sente comme une intrusion ou encore du harcèlement. Les filles sont hypersensibles, ça se sait et elles vivent tout comme du harcèlement. Ça se sait, non ? Elle m’a marqué, car on a fait face à nos incompréhensions. J’ai eu l’impression qu’on parlait deux langues différentes. Cette discussion était instructive mais aussi blessante. Elle nous a sans doute rapprochés aussi.

Ce livre fait écho à cette méconnaissance et cette lacune. La société, les femmes et certains hommes crient, mais peu de personnes entendent et conçoivent. L’action est plus difficile à entreprendre. Je suis contente que des bandes dessinées comme celle-ci existent. Sans doute qu’elle aidera à la prise de conscience.

Les dessins sont très pertinents. Les machistes sont représentés comme des crocodiles sans distinction de races ou de couleurs, car ; que l’on soit blanc, jeune ou vieux, français, arabes, italiens, noirs, bronzé, les machistes et les gens respectueux/irrespectueux sont partout. D’autres thématiques sont abordées comme les violences gynécologiques, le vaginisme, le rapport avec des personnes censées vous protéger et leur incompréhension et le pire l’indifférence de certaines femmes. Malgré tout, Juliette Boutant et Thomas Mathieu ne mettent pas tous les hommes dans le même panier. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc, heureusement ?

En résumé : c’est une excellente lecture. Merci au CROUS de Versailles pour m’avoir offert cette bande dessinée, je les remercie aussi de faire ce travail de sensibilisation dans notre Fac de Pharmacie. Nous avons un travail de santé publique et d’écoute, il est important que l’on soit sensible à la violence tant physique que morale est à être à l’écoute. Elle ne fait pas de leçon aux machos, mais elle montre l’absurdité de certaines situations et ne fait pas d’amalgames sur tous les hommes.

Note : 4.5 sur 5.

Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)