Mon avis :

Mon côté superficiel a encore fait des siennes. Dois-je le remercier ? Si l’on passe la première déception entre la couverture splendide qui est loin d’être le reflet des dessins entre ses pages, oui, j’ai bien fait. C’est une pure merveille. La couverture est une menteuse. Entre les pages, ce qui m’a sauté aux yeux est un manque de finesse, les contours ont un trait épais ce qui n’est pas le cas sur la couverture. C’est peut-être l’usage des couleurs sur la couverture qui donne une impression de finesse.

Passez cette petite déception, j’ai pris plaisir à admirer ses planches, car elles sont belles. La couverture avait juste augmenté mes attentes. Un détail dans les proportions du visage d’Amélie m’a chagriné au niveau des yeux et du nez.

Malgré ces petits défauts, les pages défilent. Cette bande dessinée suit les dispositions d’un manhawa coréen. Une page contient entre 1 et 4 encadrés, cela donne un côté aéré à l’histoire. Les bulles sont concises. Ces deux ingrédients font que le mélange se dévore à vitesse grand V. Le rythme est maîtrisé. Ce pavé de plus de 250 pages n’aura duré qu’une heure tout au plus.

D’après le résumé de l’œuvre et la couverture, je m’attendais à une romance. Eh bien, pas vraiment ! Yudori dresse le portrait de femmes d’un milieu aisée en hollande dans les années 1800. La femme, sa condition, est au cœur de l’histoire. 

Amélie est une femme de bonne famille . Elle n’a jamais connu la misère. Elle est née à une époque où la femme est cantonnée à la maison et à ses devoirs domestiques. Amélie montre dès le départ peu d’intérêt dans la gestion de la maison et la vie domestique ce qui agace sa bonne. Celle-ci trouve qu’Amélie ne fait pas honneur à son rang ni à son mari. Est-elle envieuse de la position de sa maîtresse ? Ou souhaite-t-elle plutôt conserver son statut, car si sa maîtresse est répudiée, ne risque-t-elle pas de perdre son travail ? Quelles que soient ses motivations, j’ai eu toutes les peines du monde à ne pas l’invectiver. Elle ne montre aucune empathie envers Amélie et ne cesse de la dénigrer.

Amélie en a bien de la chance, elle est aimée de son mari. Il abuse d’elle, mais ce n’est pas bien grave, le maître est riche. Puis il faut dire qu’Amélie, elle ne sait que ça. Elle ne proteste pas d’autant qu’il ne l’empêche pas de se consacrer à son passe-temps favori : observer le ciel et construire des maquettes. Elle est habile et curieuse. Elle n’a qu’un rêve : conquérir le ciel. Seulement, tout cela pourrait bien partir à vaux l’eau, car son mari revient avec une femme. Celle-ci pourrait lui piquer sa position. Ne pourrait-elle pas être violée à sa place ? Pourquoi l’observe-t-elle faire ses maquettes ? Qu’est-ce qu’elle y comprend au ciel elle qui ne sait même pas parler sa langue ? 

Amélie montre un aspect plus sombre de sa personnalité, plein de préjugés, et mesquin avec cette nouvelle venue. Il m’a déstabilisé. En même temps, n’est-ce pas un reflet de la société et des femmes nobles de l’époque pour tout « être inférieur » à son rang ? Amélie at-elle simplement peur de perdre sa place et privilège ? Ne voit-elle pas dans cette nouvelle femme une échappatoire aux abus ? 

La nouvelle femme de son mari est angélique et tout en rondeur, elle a un aspect pur et exotique. Cependant, elle vient d’un marché en orient, elle a été vendue comme esclave sexuelle. Elle est vue d’un mauvais œil par les femmes de la maison. Elle est étrangère et elle prend la place d’Amélie dans le cœur de leur maître. Le contraste entre Amélie et elle est saisissant. Si tous les opposent, elle pousse Amélie à grandir, à murir et à se lancer.

Quel duo détonnant et fort plaisant ! J’ai aimé les voir se détester, apprendre à aller au-delà de la barrière de la langue et à faire avec leur blessure. Le petit défaut de proportions au niveau du visage d’Amélie finit même par lui donner une touche de caractère. Un fait exprès ?

En résumé, cette bande dessinée passée ma première déception au niveau du dessin est un coup de cœur. Elle a su me charmer, me toucher. J’ai eu de l’empathie pour Amélie, sa compagne asiatique et partagée avec elles leur passion du ciel. Elle laisse un goût doux-amer très marquant. 

Note : 5 sur 5.

Lu dans le cadre du #pumpkinautomnechallenge dans le menu #automnerayonnant pour la sous catégorie #Wereallbornnakedandtherestisdrag

4 réponses à “Le ciel pour conquête d’YUDORI”

  1. Avatar de ducotedechezcyan

    Je n’ai pas apprécié cette lecture autant que toi et pourtant je suis d’accord avec tout ce que tu dis ^^

    1. Avatar de Les paravers de Millina

      Haha comme quoi. En fait je l’ai apprécié malgré tous les petits défauts c’est fou ! N’empêche je suis fière car j’ai gardé mon esprit critique !

  2. Avatar de Light And Smell

    La BD m’a aussi beaucoup touchée et le destin de ces femmes qui se rapprochent émue 🙂

    1. Avatar de Les paravers de Millina

      Oui et ceux malgré leur différence et appriori sans faux semblant et avec une franchise parfois violente !

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Si vous voulez vous faire plus d'avis, Du côté de Cyan est moins enthousiaste que moi et Light and Smell a été conquise comme moi.

Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)