Fragment de livre en guise de mise en bouche :

– Les jeunes gens d’aujourd’hui ont les conceptions les plus farfelues concernant le mariage, dit-il. À commencer par l’idée que ce choix ne devrait reposer que sur leur bon 

vouloir. Pourquoi ne pas s’en remettre aux parents? Deux adultes mûris par la vie, connaissant bien les réalités économiques d’un ménage, et ayant expérimenté pendant des décennies la vie à deux, sont les plus au fait pour arranger une union. Mais celui-ci a perdu son père et sa mère, Dieu lui vienne en aide! Aussi le voilà égaré sur une dangereuse pente. Nous devons l’éviter et le plaindre.

Mrs Watkins approuva. Au fond, pourtant, elle était terriblement déçue. Tant qu’elle fut incapable de trouver le sommeil.

À force de se tourner et retourner, elle finit par se lever.

La nuit était bien avancée. Tout le personnel dormait.

Mon avis

C’est une réécriture de contes. Elle casse le mythe du prince, qui veut une jeune fille extrêmement sensible, au point de sentir un petit pois sous une pile de matelas. Mais quelle en est l’utilité à part mal dormir à cause de cette extrême sensibilité ? Franchement, c’est difficile à vivre. C’est sur cette réflexion que l’auteure se lance dans la réécriture de la princesse au petit pois. Je connais ce conte dans les grandes lignes, mais l’idée de le réécrire sous cet angle m’a vraiment plu. C’est une très bonne lecture même si j’ai quelques réserves.  

Dans un pays lointain, un jeune lord a une méthode bien particulière pour choisir une fiancée. Celle-ci doit dormir sans son château, seule, sans chaperon. Quelle fille de bonne famille se résigne à entacher sa réputation pour un mariage hypothétique avec un riche lord ? Personne… Eh bien, c’est ce que dit lady a qui veut l’entendre. Pourtant, sous un faux prétexte, elle réussit à introduire ces trois filles, Margaret, Maria et May dans la maison du lord ainsi qu’une servante, Sadima. Laquelle d’entre elles réussira le test ? 

Jusque-là, les rumeurs vont bon train. Les jeunes filles qui y ont passé la nuit ont dormi dans une chambre sans surveillance, au sommet d’une pile de matelas. Elles ont été renvoyées le lendemain sans aucune explication. Est-ce que ce sera le cas des trois filles ou l’une d’entre elles réussira à faire battre le cœur du lord plus que de raison ? 

Flore Vesco cherche à rendre la femme de cette histoire un peu plus humaine et plus robuste. La sensibilité physique est remplacée par celle émotive, même si toutes n’en sont pas pourvues. C’est peut-être le point que j’ai préféré. Les personnages tournés vers les autres sont tellement intéressants. Leur empathie les rend plus riches. 

Cependant, je dois dire que même si l’écriture du conte est maîtrisée, poétique et efficace. Je n’ai pas vraiment su m’identifier aux personnages, pas d’attachement, pas de « oh ! mon Dieu ! que va-t-il se passer », « non, je ne veux pas voir/lire ça »… Ils m’ont intrigué, m’ont fait sourire avec leur réflexion. Mais j’ai ressenti comme une distance. Leurs émotions négatives n’ont pas su me toucher. Je n’ai pas ressenti la tristesse, la déception de ne pas avoir été choisi, le désespoir du lord. C’est peut-être l’explication à cette distance. 

L’auteure profite de ce texte pour y ajouter des petites piques dirigées contre l’auteur Hans Christian Andersen et les conventions sociales qu’il prône m’ont fait sourire. 

En résumé : C’est une belle réécriture de conte qui se lit toute seule. Les pages défilent, l’histoire se crée avec poésie et franchise. Je continuerais de découvrir cette auteure.  

Note : 4 sur 5.

D’autres avis :

Il est disponible sur le site de la médiathèque de la canopée des Halles voici leur blog.

Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)