La fille au journal rouge de Lily Haime

Fragment de livre en guise d’Apéro :

« Leur communauté et leurs idéaux. Pourtant, il y avait des choses que je ne comprenais toujours pas… La facilité avec laquelle ils aimaient, leur tendresse qu’ils partageaient, leurs affections qui changeaient en quelques clins d’œil. Je n’avais que dix-huit ans, aucune expérience et sans doute beaucoup trop d’idées de romantisme. J’avais trop lu Emily Brontë et Jane Austen. Mais je voulais croire que, quelque part, il existait toujours des sentiments qui révolutionnaient tout et qui effaçaient le reste et les autres. Chris pensait que j’avais une vision trop stricte et conservatrice d’une relation amoureuse. Sans doute que oui, après tout. »

Mon avis :

Et si on parlait de ce livre, un coup de cœur phénoménal, une claque !

J’avais lu un super avis élogieux de Readeuse et j’avais craqué. Mais pour une raison que j’ignore, j’ai hésité à sauter le pas. Je regrette d’avoir mis tant de temps. Dorénavant, je suivrais cette auteure de près. 

Et si on parlait de l’histoire !

Cette histoire a lieu durant la guerre du Vietnam aux États-Unis. On est après l’assassinat de J. F. K. jusqu’à la période Nixon. La (e) lectrice (eur) va connaître l’opinion publique à travers les différents articles de l’Aldous, un de ces journaux dissidents. Leur opinion est incisive, piquante, courageuse et pleine de verve. Ils sont d’ailleurs recherchés pour ça. C’est à travers ses articles que l’on va vivre une période noire de l’histoire américaine. Ce récit dépeint une Amérique divisée, en pleine révolution, pour le droit des femmes, mais aussi pour l’égalité des noirs américains. Le texte a été voté, mais pour l’application, ce n’est toujours pas ça. C’est les années hippies bon chic bon genre. Une bande de jeunes adultes qui n’hésitent pas à parler, à aller à la rencontre de militaires démobilisés…

Et si on parlait de cet éventail de portraits ! 

 J’ai tout aimé Rose et sa sensibilité, Alec et sa rudesse-gentillesse, Chris et son cœur doux et plein d’amour, Line, son impulsivité et sa façon de butiner, oncle Ray, le colonel bourru, guindé, mais pas infaillible… C’est un panel de personnages à la fois touchants, agaçants, attendrissants et parfois de vraies têtes à claques. 

Rose est de loin ma préférée. Elle est ouverte d’esprit, sans jugement, se mêle à la société hippy tout en gardant ses tabous. Oui, elle ne consomme pas de drogue, ne parade pas nu devant tout le monde, ne fait pas l’amour sans engagements. Elle n’est pas comme ça, elle est plutôt gentille fille et respectueuse des règles. Cependant, ça n’empêche pas d’avoir une bouche, de se faire sa propre opinion sur la politique et d’écrire. 

Et si on parlait de la plume de l’auteure !

Je ne saurais rendre justice à cette plume. Elle est légère, poétique et incisive. Elle m’a laissée pantoise et admirative. L’écrivaine décide d’ouvrir chaque chapitre par un article de journal daté avec des références historiques. Elle maîtrise autant le récit à la troisième personne que les articles de presse ou encore la forme du journal intime. Cette manière d’allier différentes formes narratives rend ce livre immersif.   

En résumé : C’est un sacré coup de cœur. Une romance pleine de pudeur, d’acceptation, où tout ne va pas à 100 à l’heure. C’est beau de prendre son temps, de lutter pour ses idéaux et de ne pas se conformer à ce que la société attend de nous. 

Note : 5 sur 5.

D’autres avis si je ne vous ai pas convaincu ou pas assez dit :

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