Une enquête de Bernie Ghunter : Hotel Adlon de Philip Kerr

Fragment de livre en guise de mise en bouche :

– Les Sudètes, précisa Mrs Charalambides. Dont les habitants sont en majorité d’ethnie allemande.

– Eh bien, ne le dites pas à Hitler. Sans quoi il les réclamera. Ecoutez, Mrs Charalambides, je n’approuve pas ce qui se passe en Allemagne. Mais est-ce vraiment pire que la situation qui règne dans votre propre pays ? Les écriteaux dans les parcs ? Dans les bains publics ? Les lynchages ? A ce qu’il paraît, il n’y a pas que les Noirs qui se font écharper par les Blancs. Même les Mexicains et les Italiens rasent les murs dans certaines régions des Etats-Unis. Et je n’ai pas souvenir que quiconque ait proposé de boycotter les Jeux de Los Angeles en 1932.

Mon avis :

Une très bonne lecture !

J’avais beaucoup aimé Une Enquête de Bernie Gunther : Bleu de Prusse de l’auteur. Je suis contente de retrouver sa plume immersive. Philip Kerr me happe toujours en quelques pages. Le décor se plante tellement facilement. L’intrigue repose sur une histoire de vol d’une boîte de la dynastie Ming et d’une mort qui a l’air naturel a priori. Seulement, ces deux événements touchent de près ou de loin l’organisation des Jeux olympiques pour l’année 1936 en Allemagne. 

Un personnage complexe et attachant !

Bernie Gunther est un policier reconverti en détective de l’Hôtel Adlon. Il a perdu son poste dans la police à cause de sa sympathie pour la république de Weimar. Le simple fait de ne pas être membre du Parti nazi n’aide pas vraiment. Il n’est pas parfait, mais il refuse d’aller à l’encontre de ses propres valeurs. Même s’il est prêt à certains sacrifices pour être sauvé. Sa vie, son expérience et son caractère construisent un personnage assez piquant. Il fait preuve d’humour, d’autodérision et d’un peu d’ironie concernant la vie, mais aussi la politique d’Hitler. C’est ce côté du protagoniste qui me touche vraiment. Il fait preuve d’humanité et de gentillesse, mais il est loin d’être un bisounours. 

Une enquête en deux temps… 

Bernie Gunther est d’abord chargé de se rendre dans une des chambres de l’Hôtel Adlon. Une mort suspecte, seulement, après le passage du médecin légiste, il n’y a que peu de doute. La mort est naturelle. Dans un même temps, une boîte précieuse disparaît de la chambre d’un Américain. Un autre mort attire l’attention de Bernie, celui-ci fait moins de bruit. Eh oui ! Qui enquêterait sur le décès d’un juif d’autant plus que les lois anti-juives sont en train de voir le jour ? Les SS n’ont aucun intérêt à mener l’investigation, ça, c’est sûr. Ces trois événements ont très peu de choses en commun. Pourrait-il être lié ? 

Un fond historique généreux !

J’avais déjà noté précédemment que l’auteur enrichissait son récit par des faits historiques réels. J’ai beaucoup appris sur l’implication des États-Unis dans les Jeux olympiques de 1936. L’écrivain y mêle bien évidemment des faits de fiction. 

La seule chose qui me dérange est toujours la même, chaque fois la fin met un peu de temps à arriver. Mais je l’ai bien apprécié. 

En résumé :  Je continue d’aimer la plume de Philip Kerr. Bien que je lise les tomes dans l’ordre non conventionnel, je m’attache de plus en plus à Bernie Gunther et son humour cassant. Je compte bien lire les autres livres de cette saga policière. 

Note : 4 sur 5.

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