Doucement renaît le jour de DELPHINE GIRAUD

Fragment de livre en guise de mise en bouche :

– Qu’y a-t-il de si drôle ?

Firmin se ressaisit, alerté par le ton impatient de Connie.

– C’est que… voyez-vous, ma chère Connie, c’est la première fois de ma vie que j’entends une chose pareille. D’ordinaire, cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Ma vie durant, j’ai dû essuyer les quobillets d’adolescents moqueurs, d’hommes et de femmes railleurs et méprisants. Comme il est bon de ne pas exister qu’à travers ma différence ! Connie, les mots que vous venez de prononcer me touchent parce que vous ne m’avez pas jugé. A vos yeux, je suis un homme comme les autres. Vous n’avez rien à craindre, Connie. Ce n’est pas vous qui m’émoustillez, mais votre voisin le boulanger. À présent, vous savez vraiment tout de moi.

Mon avis :

Un livre avec une thématique riche et développée !
C’est une très bonne lecture, immersive et intrigante. Elle m’a poussée à me poser des questions et à me mettre à la place des personnages pour comprendre leur ressenti. Elle aborde pas mal de thèmes différents : le baby blues, le handicap moteur (ne pas pouvoir marcher), les accidents domestiques, les pères absents ou en tout cas, qui portent des œillères… Cette histoire fait écho à mon propre vécu en tant que sœur d’une personne handicapée. J’en ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux. C’est très émouvant sans pour autant chercher la commisération du lecteur.
L’effet papillon !
Connie n’est pas très sportive. Seulement pour une fois qu’elle décide de faire un footing, elle est bousculée par un vététiste. Cette rencontre la bouleverse. Seulement, elle ne comprend pas pourquoi ça la bouleverse autant, mais depuis, elle fait de drôles de rêves avec un petit vélo rouge. Elle n’a jamais fait de vélo, enfin pas qu’elle s’en souvienne. Elle en parle à son père. Celui-ci a une drôle de réaction. Connie ne compte pas lâcher l’affaire. Elle fouille dans les affaires de sa mère et y trouve une vieille photo où elle y fait du vélo. Elle n’est pas seule sur cette photo, il y a un petit garçon. Elle n’en a aucun souvenir. Qui est ce petit garçon ? Où est-il maintenant ? Est-il mort ? Que de questions qui lui trottent dans la tête ?
Revirement sur revirement !
L’auteure m’a promené par le bout du nez. Depuis le début, j’avais une hypothèse dans la tête, elle m’a obnubilé, surtout que certains éléments penchaient en sa faveur. J’avais faux, enfin pas sur toute la ligne, mais je n’ai vraiment pas vu venir ce revirement. C’est plutôt bien ficelé.
Handicap !
Le thème est traité avec justesse. L’auteure ne cherche pas la pitié de sa.on lectrice.eur. C’est assez factuel mais pas dénué d’émotion. Ce livre a une thématique riche autour du handicap : des institutions pour personnes handicapées au handicap dans la vie quotidienne et comment il est perçu par l’entourage. J’ai beaucoup aimé sa façon de traiter le regard des autres et l’accessibilité des lieux publics. Comment une simple balade au bord de la mer devient une sacrée aventure.
Descriptions et dialogues !
La plume est accrocheuse dès les premières lignes. Les descriptions sont fluides. Les dialogues, quant à eux, étaient un peu hésitants. Ils ne sonnaient pas tout à fait juste. Puis, je ne sais pas si je me suis habituée ou si l’auteure a pris plus d’assurance, mais la suite a glissé tout seul.

En résumé : C’est une très bonne lecture, riche en émotion, prenante et avec une thématique bien exploitée sans tomber dans le mélodrame. Je me note l’auteure, je lirai sans doute d’autres livres d’elle.

Note : 4 sur 5.

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