Mon avis :

Une lecture engagée ! 

C’est un très bon livre pour avoir une vue d’ensemble des idées du féminisme et de son évolution. L’auteure en profite pour mettre en avant les dates importantes du mouvement et les acquis jusqu’à maintenant. Cela permet de remettre les pendules à l’heure et de se rendre compte que ces grandes dates sont très récentes. Cet essai est intéressant pour avoir une vue d’ensemble.

  “Je ne saurais pas répondre à cette question. Ça me semble tellement évident. L’égalité, ça devrait aller de soi. C’est comme si on me demandait pourquoi je suis contre le racisme…” 

Des questions simples et des réponses qui vont droit au but. Ça fait réfléchir, c’est intéressant. L’idée que le féminisme est une lutte pour l’égalité et qu’il soit aussi inné que la lutte contre le racisme est une idée séduisante. 
À la question “pourquoi suis-je féministe”, je n’ai toujours pas de réponse. Je ne pense pas que je me considère comme telle. Toutes les inégalités me font frémir, seulement, ce ne sont pas uniquement celles qui concernent les femmes, mais aussi celles qui concernent les handicapés, les homosexuels… Le féminisme est du coup un peu restrictif pour moi. Ce livre aura au moins eu le mérite de m’aider à mettre mes idées au clair.  

“Le collectif #NousToutes ne divulgue pas qui est aux commandes de ce mouvement. J’ai envoyé un message pour en savoir un peu plus car, à mon sens, il est important de connaître la personne qui dirige les mouvements pour éviter tout conflit d’intérêts. Je n’ai pas eu de réponse plus précise. Je veux bien aller manifester toutes ensemble, mais je veux savoir pour qui je le fais exactement. C’est important d’être transparente. Je ne veux pas être manipulée.” 

L’idée de connaître les dirigeants d’un mouvement est intelligent, de connaître leur intégrité, leur but et leur intérêt. Dans toute idée à laquelle on adhère, l’indépendance d’esprit reste super importante. L’auteure nous offre un paysage des différents comptes instagram (et réseaux sociaux) sur le féminisme et la libération de la femme. C’est intéressant même si ça a un peu tendance à faire « publicité », ce qui peut-être gênant aussi.  

“Plus je parle de féminisme, plus je réalise que lutter pour les droits des femmes est souvent synonyme de haïr l’homme. Il faut que cela cesse. Le féminisme, par définition, exige que les hommes et les femmes aient les mêmes droits et les mêmes chances. C’est la théorie de l’égalité politique, économique et sociale des sexes. “ 

Pour moi, cela reste l’idée la plus importante. Le féminisme ne doit pas devenir l’ennemi de l’homme. C’est une lutte pour l’égalité des sexes. Or, s’il devient un ennemi de l’homme, le combat perd son sens. L’autre partie du combat, c’est d’arrêter la stigmatisation des sexes. Je n’étais pas convaincue que ça ait tant d’influence sur nos vies. Puis j’ai repensé à mon enfance faite de barbies, poupées mais aussi de petites voitures. Finalement, je n’ai pas été stigmatisée par mes parents et j’ai eu de la chance. 
La seule stigmatisation que j’ai le plus de mal à supporter est celle qui porte sur les femmes et leurs règles. J’ai eu l’occasion d’entendre des phrases telles que “vous pourriez faire attention quand vous jetez vos serviettes à ce qu’elles soient moins visibles, c’est dégueulasse”, “t’es grognon, tu as tes règles” “pouah les règles c’est dégueux”. La phrase la plus terrible est celle d’étudiant en pharmacie à une personne de ma promo : “ tu as sali la chaise, nettoie” et dit devant tout le monde et souligné. C’est humiliant et révoltant ! Et comme le dit justement ce livre, on n’a pas choisi de les avoir, ce n’est pas une partie de plaisir mais c’est essentiel à la vie, ça vaut au moins un minimum de respect.

 “Même les hommes ont rejoint le combat et sont de plus en plus nombreux à se définir comme féministes.” 

Ce sera mon plus gros reproche pour ce livre, il se veut représentatif d’une nouvelle vague où il y a de plus en plus d’hommes qui rejoignent la cause féministe mais alors pourquoi y a-t-il si peu de témoignages de leur part? C’est dommage pour un mouvement égalitaire où les hommes s’y retrouvent. 

En résumé : c’est une très bon livre qui permet d’avoir une vue d’ensemble. Je me suis sentie concernée, j’ai réfléchi et je me suis positionnée vis-à-vis de certaines thématiques. Je pense continuer à me renseigner sur le sujet. 

Note : 4 sur 5.

10 commentaires sur « On ne naît pas féministe, on le devient de JULIA PIETRI »

  1. Ton retour est intéressant mais du coup je m’interroge sur ce livre : il n’est en rien intersectionnel ? Parce que je pense que tu pourrais te retrouver dans le féminisme intersectionnel ; on a pas à lutter pour le féminisme d’un côté, contre le racisme d’un autre côté… C’est une convergence des luttes, tout est lié. Et même sans être féministe intersectionnelle, tu peux très bien être féministe et anti-capitaliste (par exemple).
    Pour ce qui est du peu de témoignages d’hommes, je n’ai pas lu le livre donc je ne sais pas ce qu’il en est vraiment mais je pense que l’idée est de donner la parole aux femmes, pour une fois puisque dans l’espace public et médiatique, même dans des lieux privés, leur parole est souvent coupée voire même « effacée ». Exemple tout bête, hier j’étais au resto avec une amie et à côté il y avait un homme et une femme ; celle-ci n’a pratiquement pas parlé alors que l’homme s’est exprimé en long, en large, en travers et relativement fort (donc, avec mon amie, nous ne savons rien de la vie de cette femme alors que nous savons tout de l’homme). Les débats télévisés également, c’est la même chose et pire puisque la parole est sans cesse coupée – et pour peu que ce soit une femme racisée… Si elle arrive à finir une phrase, chapeau. Donc voilà, je pense que c’est pour ça qu’il y a si peu de témoignages d’hommes, pour laisser la parole aux femmes =)

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    1. Ha bah je renseignerais. En tout cas, je ne pense pas m’arrêter à un écrit. Si tu as des ouvrages qui en parle je suis tout ouïe.
      Pour le peu de témoignage d’homme : Je me suis fait la même réflexion que toi sauf que quand l’auteure soutient que des hommes rejoignent le mouvement féministe et s’y retrouvent. Je pense qu’il doit y avoir un minimum de témoignage d’homme du mouvement (et non pas d’inconnu ayant répondu à son témoignage) même si on donne la parole au femme. L’auteure parle d’une quatrième vague où les hommes sont de plus en plus présents notamment sur certains sujets comme la stigmatisation. Et justement dans cette quatrième vague, c’est une lutte où les deux sexes s’y retrouvent et non pas les femmes contre les hommes. Je ne dis pas que ça devrait être égalitaire mais quand tu as 115 pages de témoignages féminins (avec des femmes plutôt connues/inconnues) et 5 de masculins (inconnus). C’est dommage ! De plus, dans les couples comme dans ton exemple, il y a parfois des monologues de l’un ou l’autre, ça se trouve elle a pas arrêté de parler de tout le trajet ;), et du coup elle lui a laissé la parole. ça m’ait déjà arriver !
      Après les débats télévisés oui ça arrive mais je t’avoue je regarde très peu. Et puis parfois, personne ne se laisse pas parler, c’est la bataille de la basse cours.

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      1. Hum eh bien il y a Bell Hooks (afro-féminisme), « Sorcière » de Chollet (parle un peu d’âgisme), Angela Davis, Chimamnda Ngozi Adichie, Gloria Steinem… Tu as aussi « Un féminisme décolonial » de Françoise Vergès, « Féminisme pour les 99% » (anticapitalisme), etc. Il y en a toute une floppée et je suis loin d’avoir lu tous les titres que je cite, comme je suis loin d’avoir tout cité ! J’espère que ça te donnera déjà quelques pistes ^^
        Est-ce qu’il y a (tant que j’y pense) des témoignages de personnes racisées, handicapées, queer… Voire d’homme trans ? Parce que je suis en train de penser que tu peux aussi lire Paul B. Preciado (ça fait super longtemps que j’ai lu « Testo Junkie » donc je ne m’en souviens plus, et je crois qu’il n’est pas des plus abordables – peut-être l’un de ces nouveaux livres?).

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      2. « Americanah » est génial ! Elle a également fait un discours (« Nous sommes tous des féministes » – traduction du titre franchement médiocre) sur le féminisme, et une lettre (« Chère Ijeawele ») sur l’éducation (textes courts mais pertinents) ^^

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