La défense Lincoln saison 4

Mon avis :

Certains sont déçus, car la saison 4 est entièrement dédiée à un seul cas : pas de double affaire, tout est concentré sur Michael Haller et sa défense dans The Lincoln Lawyer. Personnellement, j’ai ressenti cette lenteur, on ne va pas se mentir, mais elle ne m’a pas gênée. C’est aussi ce suspense jusqu’au bout, cette attente constante, qui renforcent l’addiction : les épisodes défilent les uns après les autres pour connaître enfin le fin mot de l’histoire.

Et puis, Lorna commence à recevoir certains clients, car sans Haller, il faut bien qu’elle se fasse les dents pour faire tourner le cabinet. Ces premiers pas ne sont pas tous réussis, mais elle peut compter sur un coup de main bien senti de Cisco et d’Izzie.

Cela met un peu de lumière dans une saison qui s’annonce mal. À la fin de la saison 3, Michael Haller est arrêté et, lors d’un contrôle de routine, un policier découvre le cadavre d’un de ses anciens clients. Il ne comprend pas. Il jure qu’il est innocent. Pourtant, toutes les preuves semblent contre lui. Le corps était dans sa voiture. Il partait simplement conduire, mais pour la police, c’est le signe d’une fuite.

Lorna reprend le dossier. Micky se défend et se représente lui-même, mais plus les épisodes avancent, plus le dossier paraît perdu d’avance. Une question demeure : si Michael Haller n’est pas coupable, comment le cadavre de Sam, son ex-client, a-t-il pu finir dans sa voiture ?

Qui lui en voulait à ce point ? Sam est un escroc. Qui a-t-il pu mettre en colère pour finir ensanglanté dans le coffre de la Lincoln ? Beaucoup de questions, peu de réponses et des fautes policières… Les vices de procédure ne permettront peut-être pas à Haller de s’en sortir, mais ils pourraient rallonger le procès suffisamment pour construire une défense solide.

Défendre les autres et défendre sa propre vie, c’est très différent. L’avocat à la Lincoln comprend désormais ce qu’être enfermé derrière les barreaux signifie réellement, et ce n’est pas très plaisant. Cette épreuve peut détruire sa carrière et sa réputation.

Si tu me suis depuis longtemps, tu sais que le complotisme ne me plaît guère ; certains éléments s’en approchent, sans plus. Cependant, cette saison est plus révélatrice que les précédentes. Rappelle-toi la première saison : Micky explique à Izzie qu’une grande part du travail de la défense consiste à : choisir un jury, influencer le procureur et inventer une alternative crédible.

Peut-on alors en déduire qu’un verdict “non coupable” ne signifie pas toujours “innocent” ? Comment refaire sa réputation après cela ? Les soupçons demeurent. Si le procureur avait raconté une meilleure histoire, si le jury avait été composé de policiers ou de scientifiques… Le doute raisonnable protège, mais il entache aussi. N’y a-t-il pas derrière tout cela une critique plus profonde de la justice américaine ? Tout ne devrait-il pas reposer sur des faits et des dossiers plus consistants ? Des réflexions que j’ai retrouvées dans La pure vérité de Jodi Picoult. Le système juridique n’a pas tant évolué. Les techniques, oui, pourtant.

J’ai aussi lu un roman graphique de Raynal Pellicier et Titwane : dans la justice française, le corps judiciaire regroupe les preuves à charge et à décharge, ce qui paraît plus équilibré. Je m’éloigne du sujet, mais cela montre combien cette saison m’a fait cogiter. Elle ouvre un vrai débat.

En résumé,

À quand une justice plus juste, une police moins corrompue et des procureurs et avocats moins enclins à jouer les acteurs de théâtre qu’à incarner pleinement leur rôle dans la justice ? Sans amalgame : cette saison est critique, et elle invite à réfléchir. Rien n’est tout blanc ni tout noir, loin de là.

Notation

Note : 4.5 sur 5.

Synopsis

Affiche de la série 'The Lincoln Lawyer' sur Netflix, mettant en vedette Michael Haller, avocat à Los Angeles, avec des éléments d'intrigue criminelle.

Résumé en image

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Un commentaire

  1. Oui, dans le contexte de la justice américaine, c’est bien établi que « non coupable » n’est pas égal à « innocent ». Les seuls qui sont obligés à agir autrement sont les juges. Je suis libre d’appeler M. OJ Simpson « le meurtrier » sans peur d’être poursuivi pour diffamation (car il a été reconnu « non coupable »), mais un juge doit dire à un jury qu’il n’a jamais commis un crime.

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