Fragment de livre en guise de mise en bouche :

Chère Margaret,
Quelle époque nous vivons ! Je sais que vous ne vous intéressez pas beaucoup à la politique, mais l’adoption du second Reform Act, qui élargit la base électorale à une partie des couches laborieuses, est un événement si important que je me devais de le mentionner. Le nombre de personnes en capacité de voter lors de la prochaine élection sera plus que doublé et, oui, je sais que ce sont tous des hommes, car l’amendement de Mr Mill visant à inclure le sexe féminin a échoué lamentablement, mais cela n’en représente pas moins un progrès significatif. Au risque de ressembler au gentleman plutôt guindé que vous avez cru que j’étais, j’avoue que l’idée de jouer un rôle plus actif en politique m’attire de plus en plus et j’envisage de me présenter comme membre du Parlement. A l’âge avancé de trente-deux ans, j’ai envie de mettre fin à mon séjour sur le continent et de rentrer chez moi pour m’installer.

Mon avis :

C’est original comme début, j’ai hâte de voir où ça nous mène et en fait tout est unique. Ce roman sort vraiment des habitudes de l’édition Harlequin, il s’inscrit plus dans la ligne éditoriale de l’édition L’Archipel. La construction, la misère ainsi que la critique sociale sous-jacente m’ont un peu fait penser à Jane Eyre ou encore Les Hauts Hurlevents. Seulement la plume est plus légère, moins fleurie et avec des descriptions assez pauvre. Sarah Ferguson est une novice, mais ce livre est prometteur pour ses futurs romans. 

L’auteure nous permet de découvrir une Lady. La(e) lectrice (eur) se balade à côté d’elle, en nous faisant un tour de ses émotions, mais aussi à travers des coupures de presse. Ce dernier me fait penser aux « Chroniques de Bridgerton de Julia Quinn », bien que les noms ne soient pas en entier. Elle est jugée comme une anticonformiste. Elle délie les langues. 

Lady Margaret est une originale. Elle a essayé de tout son cœur de se plier à la volonté de ses parents et de faire un mariage qui apporte du prestige à sa famille. Cependant, à chaque fois, son cœur s’est rebellé. Elle n’a rien pu faire. Après son voyage dans les bas quartiers de Londres, elle se lance dans une œuvre de charité, mais contrairement aux gens de son rang, elle est prête à se salir les mains. S’impliquer, ce n’est pas juste donner de l’argent, c’est donner de son temps. Lady Margaret est prête à leur dédier son temps, même si un prêtre aux beaux yeux n’est pas étranger son intérêt. Aura-t-elle le courage de s’opposer à son père et à la bonne société ou rentrera-t-elle dans le droit chemin ? 

Lady Margaret est plutôt mal entourée. Son père est imbuvable, pour lui sa fille n’est qu’un pion. Sa mère se cantonne à son rôle même si elle se libère petit à petit et devient plus une mère aimante. Elle fait aussi face à l’indifférence cordiale de sa fratrie, bien que les relations entre eux ne soient pas immuables, heureusement. Sa meilleure amie est, comment dire, insupportable. Elle n’épaule pas Lady Margaret au contraire. Je ne sais pas comment ça se fait qu’elles soient toutes les deux amies. Cela relève du mystère.  

J’aurais un petit reproche à faire, c’est que la quatrième de couverture en dévoile trop. 

En résumé, ce livre est une vraie surprise. Je m’attendais à une romance, pas à une aventure et une bataille pour être soi-même malgré des conventions sociales très contraignantes. C’est une bonne surprise et une auteure à surveiller. 

Note : 4 sur 5.

D’autres avis sur la toile : Les lectures de Titou, Follow The Reader et Mycoton32

Rédigé par

Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)