L’arrache-mots de JUDITH BOUILLOC

Fragment de livre en guise de mise en bouche :

Elle collectionna les mots insolites. Les vocables trop longs ou passés de mode, elle les humait sur leur page engourdie comme s’il s’agissait de fleurs rares, comme si les mots avaient une odeur. Puis elle les prononçait avec délice, rien que pour les arracher à leur sommeil. Ils claquaient à son oreille et se motivaient dans l’air avec une grâce désuète.

Elle recueillait les signes de ponctuation dans le creux de sa main, les virgules et les points, grains de beauté de la phrase, miettes répandues fugacement dans l’atmosphère.

Un jour elle avala tout rond une expression qui semblait appétissante, mais le goût de l’encre lui déplut tant qu’elle se garda bien de recommencer.

Mon avis :

Le pouvoir des mots ! 

Si au début, ce livre m’a fait un peu penser à “La bibliothécaire de Gudule”, la suite s’est vite révélé bien différente. C’est le pouvoir d’Iliade qui m’y a fait penser, elle qui transforme les mots en images et paysages. Ces scènes se déroulent en trois dimensions devant le regard fasciné des spectateurs. Son don l’a rendu célèbre dans le royaume d’Esmerie. 

Au tout début du roman, Iliade reçoit une demande en mariage d’un certain Lord Tarlyn qui l’invite à la capitale pour le rencontrer et peut-être l’épouser. Ce mystérieux Lord Tarlyn reste flou sur son identité, et malheureusement, il y en a plusieurs et elle n’a pas plus de détails que son nom de famille. Ce pourrait être aussi bien le fils du roi, le cousin ou le cousin germain.

Iliade est bien décidée à changer d’air, l’amour lui a fait faux bond et cette demande en mariage est une occasion parfaite. Et puis si jamais, le courant ne passe pas, elle pourra revenir dans le cocon familial auprès de ses sœurs. C’est le début de l’aventure ! 

Un univers clair obscur et des personnages  ! 

La.e lectrice.eur découvre auprès d’Iliade l’univers de la Cour d’Esmérie. Il y a quelques similitudes avec l’histoire de France et la révolution tout en étant une fiction. C’est un univers plein de couleurs, de codes vestimentaires, de devoirs de participer à des bals, des réceptions, et tout autre devoir mondain… Cet univers est un peu trop étriqué au goût d’Iliade. Et dans tout ce décors, un peu trop brillant et fermé, il n’y a toujours pas l’ombre d’un fiancé. Mais qui est-il ? Heureusement, elle peut compter sur l’aide de sa sœur Victoria, journaliste pour un journal dissident. J’ai beaucoup apprécié Victoria et ses idées très indépendantistes et révolutionnaires. Elle est intelligente, aimante et réaliste. Elle contrebalance bien le caractère d’Iliade plus tête en l’air et rêveuse. Leur duo est franchement mignon mais celle qui m’a fait le plus rire, c’est leur grand-mère qui fait feu de tout bois au sens propre et au figuré. Je regrette même qu’elle ne soit pas un peu plus présente. D’autres personnages secondaires ont aussi su attirer mon attention notamment le mystérieux fiancé d’Iliade. Je ne vous ferai pas de spoil mais disons qu’il est attachant et intrigant.

Le seul petit hic!

Le côté un peu superficiel d’Iliade qui ressort à un moment de l’histoire. Je ne sais pas, j’ai été un peu deçue de sa réaction. Peut-être est-ce pour permettre un rebondissement, mais je ne suis pas convaincue. Après heureusement, Iliade surpasse ses apriori. 

Un très bel objet ! 

Je me dois de le souligner. L’édition et l’auteure ont été très soigneuses sur la présentation du livre et de ses pages. L’objet livre est absolument superbe que ce soit par l’illustration ou encore les arabesques qui décorent les pages et les chapitres. Les arabesques, j’adore ! 

En résumé : C’est une très bonne lecture. J’ai beaucoup aimé l’univers, la magie qui règne, le pouvoir des mots… Les personnages sont bien développés que ce soient les principaux ou secondaires. 

Note : 4 sur 5.

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