Cher(e) loulou,
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Mon avis
Comme d’habitude, Céline Denjean enveloppe son lecteur dans son enquête. Les personnages ont un portrait complexe, profond et empathique. Difficile de ne pas se laisser prendre au jeu, d’espérer qu’ils s’en sortent ou même qu’ils ne soient coupables d’aucun méfait.
La narration est originale. Tout commence par le dialogue de deux vieux amis. Une ex-flic qui s’est isolée et garde peu de contact avec l’extérieur. L’un des privilégiés est Lecuret, son meilleur ami, son auditeur préféré, mais aussi un homme curieux et vivace. Il pose les questions que nous, lecteurs, pourrions nous poser. Une façon intelligente d’inclure le lecteur dans son récit. Maintenant, quelle est l’histoire de cette ex-flic aux réparties bien senties ?
Ne pouvant pas utiliser les vrais prénoms des personnes concernées, la famille en question s’appellera Delaroche. Ceux-ci ont vécu dans l’opulence, puis ont été victimes d’un kidnapping, suivi d’un meurtre, ou peut-être de deux, et enfin d’une vengeance qui manque sa cible. Tu penses avoir tous les outils en main pour résoudre cette affaire et pourtant, rien. L’ex-flic, l’autrice, les deux se jouent de toi avec brio.
Cloé Delaroche est l’enfant star, la petite préférée. L’enfant satisfaisante. Elle est actuellement à un tournant de sa carrière. Sa vie privée fait la une des tabloïds. Son mariage avec Alessandro Chavez est au point mort, tout comme son mari. Elle a peur, car la mère d’Alessandro ne croit pas à la thèse de l’accident. Son fils était tout pour elle. Celle-ci lui voue une haine farouche. Une mère désespérée est prête à tout, surtout si la santé de son petit-fils, Gustave, est en jeu.
Adèle est la fille modèle, celle qui reste dans l’ombre et cherche constamment l’approbation. Pierrick Delaroche ne sait plus où donner de la tête. Il aime ses filles et a confiance dans le travail d’Adèle au journal. Cependant, il n’a d’yeux que pour Cloé, la prunelle de ses yeux. Adèle en est jalouse.
Étienne, le fils de Pierrick, est en mal d’amour. Ses relations avec son père sont très tendues. Il est homosexuel et n’est jamais à la hauteur de ses attentes. Clairement, il n’a ni le don ni l’envie de reprendre le poste de directeur du journal. Les funérailles d’Alessandro Chavez ont au moins le mérite de renouer le dialogue entre le père et le fils. L’homosexualité de ce dernier ne semble plus être un problème. Est-ce dû au prestige du compagnon d’Étienne ? Peut-être un peu !
Quand Cloé disparaît le jour des funérailles de son ex-mari, Albertina Chavez s’offusque, tout comme les fans. Pourtant, la vérité est plus obscure et mérite qu’on creuse. Les apparences sont trompeuses. Cloé est un personnage plein de contradictions, mais aussi une victime de plus du monde du cinéma et des projecteurs. Une enfant prodige, mais une enfant que l’on n’a pas protégée comme on aurait dû.
Leovanie Raud a une voix qui se prête parfaitement au thriller et au roman choral. Elle change d’intonation et de rythme, augmentant la tension et le suspense. C’est une réussite.
En bref,
Céline Denjean m’avait déjà bien plu avec Châtiment, mais cette fois, c’est une réussite encore plus flagrante, car chaque détail compte. Elle tisse sa toile avec brio, interroge son auditoire et rend l’intrigue terriblement vivante. Un vrai plaisir.
Note
Synopsis

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Temps de lecture
Bonne lecture !


