Japon, 1857.
Depuis des siècles, le Japon vit replié sur lui-même. Mais, bientôt, il sera contraint de s’ouvrir aux influences étrangères. Les Occidentaux forcent les portes de l’ancien monde. La révolution couve. L’époque des samouraïs est désormais révolue, le pays est à l’aube d’une ère nouvelle.
La maison de l’Arbre joueur, dans le domaine du Chôshû, où habitent Tsuru et sa famille, n’est pas épargnée par le vent du changement. La jeune femme rêve de s’affranchir du poids des traditions ancestrales et de suivre les traces de son père en devenant médecin. Elle se trouve alors entraînée dans un monde de subversions, d’intrigues politiques et d’amours interdites. Autour d’elle agissent des hommes puissants et passionnés. Leur slogan est Sonnôjôi : «Vénérez l’Empereur, expulsez les étrangers». Leur méthode est la violence.

Extrait en guise de mise en bouche :

Il me jeta un coup d’œil, comme s’il était lui-même surpris de me parler ainsi.

– Le programme du jôi, l’idée que nous puissions chasser les étrangers, est une folie. Je l’ai appris à Shanghai. C’est un rêve inaccessible. Mais quiconque le dit ouvertement risque d’être assassiné par les shishi, car ils ont voué leur vie à ce rêve. Je les comprends, la folie est parfois irrésistible. Elle vous libère de la nécessité d’être prudent. Elle vous autorise à tuer pour faire triompher votre cause. Ne sous-estimez jamais le pouvoir des fous !

Il esquissa un sourire amer, se versa encore un verre et but à petites gorgées.

– J’étudie la médecine et les techniques

Mon avis :

Une excellente lecture !

C’est une excellente lecture. J’ai découvert cette auteure avec sa saga Le clan des Otori que j’avais adoré et dévoré. Alors quand ma tante m’ait prêté La maison de l”arbre joueur, il a un peu traîné sur mes étagères _ 2 ans_, et je me suis finalement décidée et j’ai plongé dedans. Finalement, je n’ai aucun regret de m’être lancée dans cette lecture. Elle conte une histoire d’amour sur fond de complot politique, de vague de révolution dans un pays féodal quasi médiéval confronté à des cultures beaucoup plus modernes. Je parle bien sûr du Japon dans les années 1860.

Une histoire passionnante !

C’est O-Tsuru qui nous raconte son histoire. C’est une jeune femme, fille de médecin. Elle a eu la chance d’avoir un père qui lui a laissé plus de liberté et qui lui a permis de l’aider à soigner les malades. Une femme au Japon se tait, marche trois pas derrière un homme de sa famille et s’occupe de la maison. Elle adore soigner les malades, récolter les simples, préparer les traitements. Mais pour elle, “devenir médecin” est un rêve inaccessible. C’est une femme dans un monde dominé par les hommes. Son père est quand même résolu à la garder auprès de lui car son aide et son savoir lui sont précieux. Il irait jusqu’à adopter un beau-fils pour pouvoir lui léguer son cabinet et avoir sa fille sous son toit (pratique peu commune pour l’époque et critiqué à l’époque). Trouvera-t-il un gendre à la hauteur, quelqu’un qui laissera O-Tsuru un minimum libre de ses mouvements, libre de soigner ?

Un fond historique captivant et intrigant !

A travers ce récit, l’auteure décrit un Japon en effervescence, soulevé par des guerres intestines contre un gouvernement xénophobe et conservateur. Les étrangers sont de plus en plus nombreux à investir ses côtes. Le gouvernement veut les jeter dehors seulement tous les membres de l’aristocratie ne sont pas de cet avis. Certains pensent qu’ils auraient tout intérêt à en apprendre plus sur ces étrangers au lieu de les repousser et de se refermer sur eux-mêmes.

Une belle plume !

Lian Hearn est une auteure passionnée par le Japon et son histoire, ça se voit à travers sa plume. Elle est détaillée. Elle nous montre le bon et le mauvais de la culture japonaise sans jugement. Elle laisse la (e) lectrice (eur) se faire sa propre idée. Elle invite à la réflexion, c’est enrichissant. J’ai l’impression d’avoir beaucoup appris.

En résumé : C’est une excellente lecture. L’histoire est magique et dépaysante ! Les personnages sont tellement beaux, de caractères très différents et développés au niveau émotionnel.

Notation : 18/20

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4 commentaires sur « La maison de l’arbre joueur de LIAN HEARN »

  1. Excellente critique ma poulette. J’ai moi aussi beaucoup aimé la saga du clan des Otori et Lian Hear a confirmé son talent avec cet opus. Pour moi, elle appartient à la tradition des auteurs anglo-saxons passionnés par l’extrême orient, dans la veine d’une Pearl Buck.

Vos commentaires font toujours plaisir :)