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Chers loulous,

J’ai modifié le rendez-vous premier paragraphe. Et je me suis rendue compte que ma nouvelle version est très similaire à celle du rendez-vous premières lignes créées par Ma lecturothèque d’où le changement de nom. Ce sera le dernier rendez vous premières lignes de 2024.

LE PRINCIPE : CHAQUE SEMAINE, JE PRENDS UN LIVRE ET JE VOUS EN CITE LES PREMIÈRES LIGNES DU RÉCIT. 

Je partage avec vous les premières lignes de ma lecture en cours. Je parle de Le bal des foudroyés de Camille Pascal :

Couverture du livre 'Le bal des foudroyés' de Camille Pascal, présentant un résumé et des détails sur le roman historique.

Lundi 7 février 1661.

Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs, palais Mazarin.

Les mouches tournaient et vrombissaient dans la chambre de Son Éminence sans oser se précipiter sur ce festin de pourpre, car l’agitation du malade les effrayait encore un peu. Le cardinal n’arrivait plus à rêver, sa vessie le faisait souffrir, il respirait avec difficulté, et les mots du premier médecin de la reine mère appelé en consultation continuaient de le hanter. Ils résonnaient sous les voussures de la pièce d’apparat avec les accents sinistres d’une messe de requiem. Guénault n’y était pas allé par quatre chemins pour annoncer à son illustre patient que, cette fois, il ne le sauverait pas, car les humeurs malignes lui étaient brutalement remontées des jambes à l’estomac. La science baissait les armes devant la progression du mal, il convenait désormais de se préparer à mourir en bon chrétien. Un mois ou deux, pas une semaine de plus, tel était le maigre sursis que les robes noires consentaient à lui accorder, après de longs conciliabules au cours desquels Hippocrate se disputait avec Gallien.

La veille, un début d’incendie aux décors de théâtre montés dans la galerie des Rois l’avait chassé du Louvre et, ce matin, on l’informait qu’il fallait bientôt quitter la scène.

Les augures et les médecins se liguaient contre lui. Mazarin avait toujours tout pris sans jamais rien donner ; l’idée de rendre son âme, fût-ce à Dieu le Père, lui paraissait si incongrue qu’il ne parvenait pas à s’en convaincre, et cela le tourmentait beaucoup. À ceux qui étaient présents à son coucher pour le solliciter, sous couvert de prendre de ses nouvelles, il répétait d’un air étonné, comme un homme qui se réveille dans une pièce qu’il ne connaît pas :

« Guénault l’a dit ! Guénault l’a dit ! »

Bernouin, son premier valet de chambre, mis au supplice par les angoisses continuelles de son maître, laissa même échapper sa colère :

« Au diable soient Guénault et son dire, allez-vous toujours répéter cela ?! »

Dodelinant de la tête tel un possédé, le cardinal persistait :

« Oui, Bernouin ! Oui ! Oui et oui, Guénault l’a dit et il n’a dit que trop vrai ; il me faut mourir ! Je ne saurais en réchapper ! Guénault l’a dit ! Guénault l’a dit ! »

Ce rendez-vous a également été repris par :

Bonne fin de week-end !


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Les paravers de Millina

Passionnée de livre... Fantasy, Policier et Romance :)

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