Cher(e) loulou,
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Mon avis
Mon premier avis :
« Il était super, je l’ai dévoré.
Cette lutte contre le crime où la lutteuse finit par devenir ce qu’elle combat et qu’elle déteste le plus au monde.
C’est vraiment fascinant comme histoire.
De plus, ce livre est vraiment bien écrit, on rentre très facilement dans l’histoire. »
À ma relecture, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans, il m’a fallu 150 pages. Le début est plein de descriptions entre le quartier, l’action des gangs et l’arrivée de nouveaux personnages, le tout est difficile à assimiler. Je n’ai pas senti cette difficulté à ma première lecture, car je lisais en bord de piscine pendant 2 ou 3 heures. J’étais à fond dedans et totalement concentrée sur ma lecture. La grosse différence, c’est qu’aujourd’hui, je suis dans la vie active et que je n’ai plus d’aussi grandes plages horaires pour lire.
La lecture a mis du temps à être fluide, l’action a été mise en place, mais finalement, une fois le premier quart passé, l’addiction est revenue comme à ma première lecture. On ne parlera pas de coup de cœur, mais clairement, c’était une excellente lecture.
Junko est une drôle de jeune femme. Ce n’est pas expliqué, mais elle est née avec un pouvoir, celui de la pyrokinésie. Depuis, elle vit isolée des autres, avec des jobs alimentaires et surtout un point d’eau près de son appartement. Ce dernier point est un mystère, mais c’est le début des ennuis. Alors qu’elle entre dans une usine désaffectée, elle se fait surprendre par un groupe de malfrats. Ces derniers cherchent à se débarrasser d’un corps. Junko est cachée, mais plus le temps passe, plus elle se sent acculée. La pression monte ainsi que l’angoisse d’être vue. Puis, elle voit que le corps bouge, elle met le feu.
Et malgré tout, le jeune homme meurt dans ses bras en priant Junko de protéger Natsuko, une jeune femme. Le chef de la bande, Asaba, s’enfuit. La voilà lancée dans une course-poursuite. Junko est alors en roue libre, prête à sauver la jeune fille et à punir le malfrat. Seulement, sa vendetta sème des corps calcinés et la police est sur ses traces.
Ishizu Chikako fait partie de la brigade des incendies criminels. Elle s’intéresse aux corps calcinés. L’explication des enquêteurs ne la convainc guère. Comment un lance-flammes pourrait-il faire de tels dégâts ? Jusqu’à faire fondre des os, une puissance de feu impossible pour une telle arme ? Elle fait part de ses interrogations à son capitaine, Ito. C’est lors de cet échange qu’elle entend parler de Makihara, un inspecteur avec de drôles de théories. Si elle n’adhère pas à la pyrokinésie, certaines informations l’amènent à collaborer avec lui. Makihara est un loup solitaire, un berger bourru, le mouton noir du service de police, le Mulder de X-Files. Tout ce qui rend un personnage attachant pour moi.
Ishizu Chikako est plus froide, plus analytique, à la Temperance Brennan dans Bones. C’est plus un attachement pas à pas et au fil des événements. Réservée et observatrice.
Junko est plus enflammée face aux injustices. C’est la femme en colère face au machisme et à la violence envers les femmes : physique et psychologique. Comme dans Death Note, elle prend la justice en main, mais elle n’écrit pas de nom, elle enflamme. C’est plus violent.
L’autrice est en avance sur son temps. En 1998, elle a réussi à faire un roman pro-#MeToo dénonçant la violence des hommes, le manque de protection des femmes et des enfants face à la violence de leur conjoint ou de leur père au Japon. Cette thématique est belle, évoquée avec empathie et ferveur.
En résumé :
Ce thriller est un ovni dans le genre. Il mêle le thriller social, le fantastique, mais aussi le roman noir. Si le début nécessite du temps et une bonne implication de lecture, le texte est très satisfaisant. C’est un cri de vengeance pour toutes les femmes bafouées et les victimes de violence. On ne s’attend pas à ce qu’une femme défende les opprimés, pourchasse les bourreaux et les punisse, là où la loi est insuffisante. Ce roman n’en est que plus percutant.
NB : le texte explicatif final sur les différents mouvements du thriller japonais est vraiment intéressant. L’évolution du genre à travers le temps, mais aussi la place de la femme dans ce milieu. Miyuki Miyabe aime explorer différents styles et s’inscrit comme une figure incontournable du genre dans les années 90.
Citation
Ces homicides, d’une nature étrangère aux crimes atroces commis jusqu’alors dans le pays, offraient une particularité frappante: on les avait perpétrés pour le seul plaisir de tuer, ce qui voulait dire que les tueurs n’avaient pas l’intention de voler ou de violer. Plusieurs mineurs du groupe soupçonné, à commencer par le suspect numéro 1, avaient déjà été arrêtés pour chantage et violences sexuelles. Reste que, dans l’affaire des lycéennes, leur but était le meurtre pour le meurtre, et leur méthode, fort simple. Dans une rue peu fréquentée, ils ciblaient une lycéenne, la poursuivaient en voiture et l’écrasaient. Bien sûr, les circonstances n’étaient pas toujours propices : rares sont les lycéennes qui marchent toutes seules dans des rues désertes. Aussi, après avoir repéré sa cible, le gang l’attirait, l’embarquait de force en voiture et l’emmenait dans un lieu plus approprié pour une « course à mort ». C’était leur façon de procéder.
Note
Synopsis

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Résumé en image

Temps de lecture
Bonne lecture !
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