Cher(e) loulou,

Mon avis

J’avais eu un coup de cœur pour l’appartement du dessous donc quand Babelio a proposé ce livre de l’auteure, je n’ai pas hésité une seule seconde. Cette histoire est différente en tout point avec le précédent livre de Florence Herrlemann, même si je suis ravie de retrouver sa sensibilité et ses personnages profonds, bougons et pourtant tellement attachants. 

Abel s’est isolée depuis 5 ans dans son chalet à la montagne. Un drame l’a isolé. Son fils n’est jamais rentré de l’école. Il n’a jamais été retrouvé, son corps… Rien, pas de nouvelles, pendant 5 ans. Abel a traversé les premiers soirs et les battues avec un sentiment de culpabilité grandissant. Les regards de sa femme, Nina, la lui renvoyaient. Ses yeux s’étaient faits accusateur. Son fils, Tom, a disparu à cause de lui, il s’était disputé avant que celui-ci parte à l’école et n’en revienne plus. Il n’aurait pas dû hausser le ton, ses derniers mots à son fils n’étaient pas tendres. Abel s’en veut encore. 

Le fait de ne pas savoir. A-t-il été enlevé ? Est-il à l’abri ? Est-il mort ? Est-il aux mains d’un tortionnaire ? Abel n’en dormait plus. Le comble, il ne savait plus parler avec Nina. Abel croyait voir dans ses yeux des reproches. C’était devenu insupportable. Il a fui dans sa montagne, il est parti ne laissant que le numéro de Paul, son meilleur ami, pour le joindre. Est-ce lâche ? Abel se le demande tous les jours, mais pour lui, c’était le seul moyen de survivre. 

Quand lors d’une de ses ballades, il retrouve un adolescent inconscient, c’est le choc. Le traumatisme qui resurgit et s’il s’agissait de son fils. Cependant, le garçon est aussi fluet que son fils, Tom, était massif. Son cerveau le sait que ce n’est pas lui, pourtant son cœur à quelques battements d’espoir. Puis l’urgence reprend le dessus, l’adolescent est dans un sale état. La température est au-dessous de zéros et sa jambe ne laisse rien présager de bon. L’instinct d’Abel se réveille. Il s’occupe de l’adolescent, demain il appellera les secours. L’histoire aurait pu s’arrêter là. 

Le journal fait de lui, un héros. Abel est content de son train-train quotidien, sauver ce garçon, George, ne devrait rien n’y changer, n’est-ce pas ? Abel n’est-il pas un peu curieux ? Qu’est-ce qui a poussé George aussi loin de chez lui ? Qui sont ses parents ? Peut-être s’inquiète-t-il pour lui ? 

Abel ne devrait pas s’en préoccuper, il n’a fait que l’aider, mais il ne le connaît pas. Abel est aussi bourru que le grand-père d’Heidi. Son cœur s’est glacé et cet épisode semble réveiller autant de souvenirs désagréables que de sentiments. Les émotions se bousculent. Florence Herrlemann a vraiment un don pour la psychologie de ses personnages. À travers Abel, elle parle de la douleur causée par la perte, de la reconstruction, mais aussi du chagrin et de son vécu. 

Abel a la chance d’avoir Paul et sa montagne. Il vit comme un ermite, se remplit de grand air et de la beauté de la nature. Ce sauvetage est l’occasion de commencer à guérir et de s’ouvrir de nouveau au monde. Il faut simplement espérer qu’Abel sera prêt à la saisir. Paul est son dernier lien social, la personne avec qui il parle le plus. Sa femme et lui l’invitent régulièrement à des soirées. Ils organisent même un mini guet-apens avec Martha, une photographe. Celle-ci est intéressée par sa montagne et ces paysages. Peut-être que ce sera trop pour Abel ou peut-être pas ? Trop tôt ? Le chagrin n’a pas de temps, mais apprend-on à vivre avec ? 

Martha est de ces personnages doux, gentils, qui plaisent tout de suite. Elle laisse de l’espace et amène sa joie. Martha sera aussi mon seul regret, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur elle, sa vie et son drame. Je l’ai trouvé un peu survolé. Cependant, son évolution avec les autres personnages ainsi que sa présence ont été un vrai plus dans le développement de l’histoire. 

En résumé

Florence Herrlemann m’a encore réservé une agréable surprise. Je suis passée très près du coup de cœur. Abel m’a rempli d’empathie : son côté bourru, blessé, son chagrin. Il est beau et brut. Et ces rencontres, s’il le permet, l’aideront peut-être à guérir… Tout est peut-être une question de portes ouvertes et d’opportunités à saisir. Il pourra compter sur Paul et sa femme pour le soutenir et c’est déjà beau. Merci pour cette belle histoire sans nationalités, simplement la neige et la montagne pour horizon. 

Note

Note : 4.5 sur 5.

Citation

« J’peux plus marcher aussi longtemps qu’avant. C’est sûr que quand tu vieillis, la chose qui t’fait le plus défaut, c’est ta jeunesse ! Tu ressasses encore et encore toutes ces choses que tu faisais avec tellement de facilité ! Enfin, c’est ainsi. Mais je veille à garder le moral, c’est le plus important.
Ensuite, Martha se prête volontiers au jeu des questions que lui pose Dick, et il l’écoute attentivement, jusqu’à ce qu’il balance d’un coup :
— T’en as d’la chance, Abel ! »

Extrait de
Quand viendront chanter les loups
Herrlemann Florence
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Synopsis

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L’appartement du dessous

Résumé en image

Temps de lecture

4–6 minutes

Bonne lecture !

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