Cher(e) loulou,

Mon avis

Ces rôles qui s’inversent, cela a tendance à choquer et surtout à faire réagir. Cassandre Lambert pousse un petit peu à l’exagération. Ce n’est plus les hommes qui dirigent le monde. Les femmes ont élevé un véritable empire avec une misogynie inversée. Les hommes n’ont qu’une fonction de reproduction et de serviteur. Ils sont là pour amener les boissons à leur maîtresse, et faire les basses besognes. Pour eux, faire un tour dehors avec un homme ne se fait que si celui-ci est relié à sa maîtresse avec une laisse. Cette société ne semble pas réprimer les femmes. Pourtant, en suivant, Adona est une Kanatos, sa mère est la dirigeante, une femme froide et distante même avec ses enfants. 

Adonis est celui qui en pâtit le plus, il est homme et rien que cela lui aurait valu la mort. Cependant, le fait d’être le jumeau d’Adona le sauve en quelque sorte. Il suit depuis la formation pour devenir Oncle et être plus qu’un homme de compagnie. Effectivement, c’est le seul statut respectable pour un homme. Il faut passer des épreuves et puis une castration pour pouvoir ensuite éduquer les filles de leur maîtresse. 

Depuis les champs de travail, Hélios et Nikolaos ont un plan pour prendre la fuite et avoir plus de liberté. Cela implique malheureusement de se rendre à Sapientia pour passer les épreuves pour devenir un étalon reproducteur ou plus courtoisement géniteur et être choisi par une des jeunes femmes futures mères. Mais pas n’importe quelles futures mères, Adona Kanatos… Cependant, c’est sans compter Adona, celle-ci est bien décidée à ne pas devenir mère, mais peut-être qu’Eudoxie a son mot à dire. 

Si le statut d’Adona la protège et surtout, elle a tout ce qu’elle veut, pourtant, elle ne peut s’empêcher d’être très critique concernant le statut des hommes. Le fait que son frère jumeau soit un homme et que chacune de ses libertés soit réprimée n’y est peut-être pas pour rien. Avoir un enfant suppose qu’il puisse être soit fille soit garçon ou les petits garçons sont soit abandonnés soit tués à la naissance. Peut-on survivre à la mort de son enfant ? Même si celui-ci est considéré de sexe faible ? 

Eudoxie est une souveraine incontestée, elle ne tient pas à ce que sa fille se débine devant ses devoirs, elle devra choisir un géniteur cette année et assister à l’arène des gladiateurs. Si ses amies sont enthousiastes, elle est loin de le partager. Pourtant, ses yeux sont attirés par les yeux vairons et l’air renfrogné d’un certain gladiateur. Elle n’a qu’une envie l’aider, même si son frère est loin d’approuver ses choix. Jalousie ou vraie défiance ? 

Si tout est poussé à l’excès, la construction de cet empire dystopique est très bien menée. Chaque strate est analysée, il a ses failles et ses forces. Cassandra Lambert ne laisse rien aux hasard. Si la misandrie est à l’excès, la femme en tant que telle est bien loin des stéréotypes. Elles peuvent être froides et calculatrices, avides de potins ou même maternelles, mais elles n’ont pas qu’un seul visage. Heureusement, l’innocence de l’enfance vient adoucir ce monde parfois froid et calculateur ou l’amour n’est pas possible. 

La voix de Flore Audebeau accompagne à merveille notre descente dans cet univers féminin de draperie, mais aussi sanglant que la Rome antique. Elle implique son lecteur dans le récit. Elle change d’intonation et de rythme, souligne le suspense. Sa voix continue de sublimer les récits qu’elle lit. Encore une réussite ! 

En résumé

Une superbe écoute, un monde où les rôles sont inversés. Le sexe faible est l’homme et attention la femme est loin d’être douce et attentionnée comme dans le stéréotype.

Note

Note : 4 sur 5.

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Temps de lecture

3–4 minutes

Bonne lecture !

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