Mon avis
Ce film se concentre sur la Suède et sur un homme ordinaire durant la Seconde Guerre mondiale. Le pays se revendique neutre dans un conflit mondial d’une ampleur inédite. Mais peut-on réellement parler de neutralité quand on accepte les exigences de l’Allemagne nazie, quand on lui fournit du charbon pour alimenter son industrie, et donc, indirectement, sa machine de guerre ? Le narrateur adopte d’ailleurs un ton piquant à ce sujet. Il souligne ces contradictions, attire notre attention sur les incohérences et met le spectateur face à une neutralité loin d’être irréprochable.
Ce narrateur structure le récit : il introduit l’histoire, apporte des rappels historiques, contextualise les événements. Ses interventions sont pertinentes, ne cassent jamais le rythme et interrogent constamment le spectateur. À plusieurs reprises, elles m’ont fait sourire. Il y a une légèreté presque ironique, parfois en décalage avec le drame qui se prépare. Ce contraste allège le propos tout en mettant en lumière l’aveuglement d’une partie de la société suédoise. Pourtant, c’est peut-être aussi cette tonalité qui m’a empêché d’avoir un véritable coup de cœur : cette distance atténue légèrement l’impact émotionnel.
Je l’avoue sans détour : pour les prénoms des personnages, j’ai dû faire un détour par SensCritique. Tu ne m’en voudras pas, cher lecteur ? J’ai toujours du mal à retenir les prénoms scandinaves, même lorsque l’intrigue me passionne. Quant à l’orthographe, n’en parlons pas !
Gösta Engzell est responsable du bureau des immigrations. C’est un bureaucrate discret, relégué dans un bureau oublié de tous, situé littéralement sous les toilettes. Peu écouté lors des réunions ministérielles, rarement pris au sérieux, il incarne le fonctionnaire effacé. Nous sommes en 1942. L’Allemagne poursuit la déportation des Juifs vers les camps de la mort en toute impunité. Pourtant, les informations commencent à circuler. Le monde sait. Et si le monde sait, la Suède sait aussi.
Gösta Engzell reçoit alors une demande d’asile d’une personne à moitié juive. Ayant entendu des rumeurs sur le sort réservé aux Juifs en Europe, il décide d’y croire. Il prend le risque d’accorder l’asile. Les chances de succès sont minces, mais il tente malgré tout. Et cela fonctionne. Galvanisé par cette première réussite, il renouvelle l’expérience, multipliant les dossiers. Les autorités allemandes finiront-elles par réagir ? Combien de vies seront sauvées grâce à ces décisions administratives ? C’est une histoire étonnante, méconnue, celle d’un héros ordinaire qui agit avec les moyens dont il dispose.
Deux personnages m’ont particulièrement marquée : Rut Vogl et Magnus Hallonsten. Rut s’engage sans réserve, portée par ses convictions. Magnus, au contraire, reste sceptique face aux rumeurs concernant les camps. Il faut dire que la Suède a connu plusieurs fausses alertes, notamment des menaces d’attaque allemande jamais concrétisées. Entre désinformation et censure, son doute s’explique, même s’il agace profondément.
En résumé,
Cette histoire documentée m’a émue. Pas jusqu’aux larmes, mais l’émotion était bien là. Un film que je recommande sans hésiter.
Notation
Synopsis

Résumé en image





