Mon avis
Je me suis décidée à la dernière minute pour cette séance de cinéma. Les retours sur les débuts en salle de ce film sont dithyrambiques. J’ai bien fait d’avoir cédé à mon envie du moment, même si, en voyant les 2h05 de durée, j’étais déjà un peu refroidie. Je ne sais pas toi, mais j’ai l’impression que les films sont de plus en plus longs. Cette manie est-elle là pour compenser le prix des billets de cinéma qui ne cesse d’augmenter ? Personnellement, je préfère des films plus courts, mais plus qualitatifs. Il est devenu assez rare pour moi d’aller au cinéma sans m’ennuyer à un moment ou sans regarder ma montre. Triste, mais vrai. Revenons à nos moutons : ai-je regardé la montre pendant ce film ? Ce geste est pour moi un bon critère d’appréciation. Malheureusement, je répondrais par l’affirmative… mais une seule fois, donc plutôt bon signe.
Hamnet, c’est l’histoire qui aurait inspiré la fameuse pièce de Shakespeare. Il semblerait qu’il se soit inspiré de sa vie personnelle, en tout cas c’est ce que raconte Chloé Zhao, la réalisatrice. Je ne suis pas en mesure de juger la véracité de ces propos. Je n’ai d’ailleurs même pas lu la pièce Hamlet et ne connais que la célèbre citation : « être ou ne pas être ».
William est le fils d’un bottier endetté. Son père est maltraitant et rend son fils responsable de la plupart de ses malheurs. William est considéré comme un raté : lettré, certes, mais bon à rien, car que fait-on du latin ? Rien de tangible. Cela ne nourrit pas une famille. Pourtant, les cours qu’il donne à une famille noble du coin permettent d’éponger les dettes de son père. C’est ainsi qu’il rencontre Agnès, une femme de noble extraction. Leur histoire a quelque chose de mystique, presque sorcier. Cela m’a rappelé ma lecture du Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare, où la forêt devient un personnage à part entière. Le côté féerique de ses pièces ressort aussi dans la première partie du film.
Selon Chloé Zhao, cet élément végétal présent dans l’œuvre de Shakespeare, il le doit à sa femme. La relation fusionnelle et presque surnaturelle d’Agnès et William se construit avec très peu de dialogues. Pour un film centré sur un écrivain de talent, c’est un oxymore quelque peu frustrant. Si le début m’a plu, notamment pour son côté fleur bleue, je me suis détachée à l’arrivée des enfants, introduits trop rapidement. L’accouchement et l’absence du père prennent presque plus de place que la relation entre les membres de la fratrie. Je suis restée à distance sur le plan émotionnel. Ce sont la durée et la pertinence de certaines scènes qui m’ont empêchée d’avoir un coup de cœur.
J’ai toutefois réussi à raccrocher les wagons à un moment donné, car j’ai terminé le film avec une boule dans la gorge et beaucoup d’émotions. L’élément déclencheur, je ne saurais pas le définir précisément, mais la partie finale m’a profondément touchée.
Les acteurs ont livré de très belles performances. L’enfant qui interprète Hamnet est remarquable, tout comme celle qui joue Judith Shakespeare. Évidemment, le jeu de Jessie Buckley et Paul Mescal n’est pas en reste. Leurs échanges de regards, les scènes presque muettes, le langage corporel très expressif sont beaux et impressionnants. Même si j’aurais aimé davantage de dialogues, surtout pour un film sur un dramaturge, cela ne m’empêche pas d’être admirative.
En résumé
Ce film est clairement passé tout près du coup de cœur, malgré un début difficile. J’en suis ressortie avec une boule dans la gorge. Comme quoi, il a su me marquer et me faire vibrer.
Notation
Synopsis

Résumé en image






Oui le décors et la qualité d’image sont magnifiques. C’est vrai que je n’en ai pas parlé mais la forêt mais aussi les décors en ville tout paraît authentique.
Je ne sais pas si j’irai à cause de sa longueur, mon dos ne supporte pas les films si longs et je finis toujours par m’ennuyer. J’ai vu la BO et la photographie à l’air sublime par contre, ce côté me tente..