Mon avis
Cette saison est marquée par une particularité assez étrange : Angela Lansbury est nettement moins présente à l’écran. Elle apparaît souvent en introduction ou en conclusion d’épisode, servant de fil conducteur pour des événements touchant sa famille ou certaines de ses connaissances, comme Dennis Stanton ou Michael Haggerty. Ce changement peut surprendre, voire déstabiliser au début. Pourtant, il apporte un souffle nouveau à la série. Jessica Fletcher n’est plus l’unique centre de l’intrigue et laisse davantage de place aux personnages secondaires. À travers des projets d’écriture, des correspondances ou des récits indirects, l’entourage de Jessica prend de l’ampleur. On en viendrait presque à penser que côtoyer l’écrivaine attire irrémédiablement les meurtres. D’ailleurs, l’un des épisodes reprend une intrigue très proche d’une affaire déjà vue dans une saison précédente, même si les protagonistes diffèrent.
L’épisode 7, centré sur une histoire de zombies, est particulièrement marquant. Entre héritage colonial, conflits autour d’une propriété et survivance de croyances anciennes, il aborde des thématiques riches et intéressantes. L’enquête en elle-même reste assez classique et relativement prévisible, mais elle n’en demeure pas moins efficace. Certains stéréotypes subsistent et le traitement du colonialisme n’est peut-être pas aussi critique qu’il pourrait l’être. Néanmoins, l’épisode veille à maintenir une forme d’équilibre entre les personnages, et la tolérance reste une valeur importante du récit.
L’épisode le plus drôle de la saison est sans conteste celui où Grady et sa femme enceinte, Donna, viennent s’installer à Cabot Cove, dans la maison de Jessica. Nous sommes davantage dans la comédie que dans l’enquête pure. Angela Lansbury cède ici clairement le premier rôle à Grady. L’intrigue repose sur une succession de quiproquos, de malentendus et de situations improbables, parfois absurdes, mais toujours divertissantes. J’ai sincèrement ri devant cet enchaînement de catastrophes qui semblent s’abattre sur eux.
Grady surprotège Donna, qui est au bord de l’exaspération. Il se veut rassurant, prévoyant, persuadé d’être le plus apte à gérer les situations délicates. Pourtant, c’est bien souvent elle qui lui sauve la mise. Son attitude un peu paternaliste, teintée d’un esprit “homme des cavernes”, est tournée en dérision avec un humour bien dosé. La dynamique du couple fonctionne justement grâce à cet équilibre inversé.
Même si certains comportements masculinistes ne sont pas toujours frontalement dénoncés, la série conserve un fond profondément féministe. Le personnage de Metzger, par exemple, peut lancer des remarques maladroites, comme lorsqu’il affirme ne pas avoir l’habitude que ses témoins se mettent à pleurer en parlant des femmes. Mais la femme de l’assurance le remet rapidement à sa place dans un échange savoureux. Metzger finit symboliquement au tapis. Jessica, témoin de la scène, observe avec son flegme habituel, sans intervenir directement.
Le maire de Cabot Cove, Sam, participe lui aussi à certaines tensions dans un autre épisode. Le village du Maine devient régulièrement la cible d’agents immobiliers peu scrupuleux, davantage intéressés par des profits rapides que par la préservation de l’environnement ou la tranquillité des habitants.
Enfin, le salon de Loretta reste un lieu incontournable. Véritable théâtre des rumeurs et des petits conflits locaux, il incarne l’âme de la communauté. Jessica y écoute attentivement, mais toujours avec prudence.
En résumé,
Les producteurs ont su insuffler un renouveau appréciable. Si Jessica est un peu moins présente, son entourage et son métier d’écrivaine gagnent en importance. Cela casse la routine et dynamise la série, même si notre héroïne nous manque parfois.
Notation
Synopsis

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