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Les gardiens du Louvre de Jiro Taniguchi

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Cher(e) loulou,

Mon avis

J’avais découvert Jiro Taniguchi avec Sky Hawk, un véritable coup de cœur. Le format bande dessinée de cette nouvelle œuvre m’a immédiatement tentée. Le récit se situe à la croisée de l’autobiographie et de la fantasy. Profitant d’un court week-end à Paris, l’auteur décide de visiter le Musée du Louvre. Les premières planches offrent des vues reconnaissables entre toutes : la silhouette majestueuse du palais, ses célèbres pyramides de verre. Mais en s’approchant, la magie se fissure. Une file interminable, des contrôles, une foule compacte. Comment apprécier les œuvres dans ces conditions ? L’auteur étouffe. Le malaise s’installe. Ne serait-il pas un peu souffrant ?

Soudain, le monde bascule. La foule disparaît. Il se retrouve seul face aux œuvres, dans un silence irréel. Plus de visiteurs, plus même de gardiens. Personne pour surveiller les trésors ? L’atmosphère devient étrange. La Victoire de Samothrace, parée de couleurs chatoyantes, s’anime et vient lui adresser la parole. À partir de cet instant, il ne fait plus aucun doute qu’il a quitté le réel. Commence alors un voyage artistique fascinant. Cette apparition m’a d’ailleurs rappelé un autre manga où la statue joue un rôle : Fauve, l’exorciste du Louvre. Enchaîner ces deux lectures rend la comparaison inévitable.

Au fil de cette déambulation onirique, Taniguchi rencontre la Victoire, mais aussi Vincent van Gogh. Saviez-vous qu’il avait vécu en France ? Je l’ignorais, je l’avoue. Le manga devient ainsi une redécouverte pédagogique d’œuvres majeures et d’artistes parfois moins connus, comme Jean-Baptiste-Camille Corot. L’auteur m’a donné envie d’une nocturne au Louvre, simplement pour redécouvrir certaines toiles avec un regard neuf.

Le récit n’oublie pas l’histoire du musée, cette mémoire artistique qui a failli sombrer durant la Seconde Guerre mondiale. Taniguchi rend hommage aux héros méconnus qui ont organisé l’évacuation des œuvres pour les soustraire aux convoitises nazies. Le sauvetage fut complexe, mené dans des conditions précaires. Je ne parle pas seulement des dangers liés à la guerre… mais je préfère garder une part de surprise. Qu’aurait été le Louvre dépouillé de ses chefs-d’œuvre ? A-t-on réellement frôlé la catastrophe ?

L’immersion est totale. Ce manga au format bande dessinée agit presque comme une déclaration d’amour à notre musée national. Le regard porté est celui d’un visiteur étranger, émerveillé, parfois dithyrambique, mais aussi capable de distance critique. C’est ce qui rend l’ensemble si intéressant. Graphiquement, c’est un coup de cœur : les reproductions sont minutieuses, respectueuses, vibrantes. L’auteur rend justice aux toiles emblématiques et leur redonne souffle. C’est un véritable plaisir visuel.

En résumé,

Cet ouvrage séduira les amoureux du Louvre comme ceux qui préparent une visite. Il rappelle que les musées ne sont pas seulement un plaisir esthétique : ils sont la mémoire vivante de notre histoire. Les tableaux témoignent d’événements majeurs ou plus discrets. Les préserver est à la fois un bonheur et une responsabilité.

Note

Note : 4 sur 5.

Synopsis

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Résumé en image

Vice Versa

Temps de lecture

2–3 minutes

Bonne lecture !

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