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Le crocus jaune de Laila Ibrahim

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Cher(e) loulou,

Mon avis

Une petite pépite, d’abord publiée par les éditions Charleston, qui ont abandonné le tirage ; c’est Pocket qui a repris le flambeau. Un livre dans la même lignée que La couleur des sentiments. Cependant, l’héroïne est plus jeune, avec des parents conservateurs : sa liberté de pensée s’exprime plus doucement. Une pépite et une claque ! C’est dommage que ce livre n’ait pas eu plus d’échos dans la blogosphère. Les avis sont pourtant dithyrambiques…

Je l’ai dévoré. Même si mon voyage me rappelait à l’ordre, les pages de ce roman étaient difficiles à lâcher. Mon seul regret : une petite baisse de rythme et d’intensité sur les 80 dernières pages. Cependant, la larme au coin de l’œil n’est pas tout à fait d’accord avec ce ressenti.

Elizabeth est la première née. Matty est une esclave. Chez les colons américains aisés, il n’est pas de bon ton de donner le sein à son enfant : les nourrices sont là pour cela. Matty est arrachée à son petit Samuel. Elle doit allaiter un enfant blanc. Malgré cette séparation, elle ne peut s’empêcher de s’attacher à Elizabeth. Elle l’aime comme sa fille. Son propre fils, elle ne fait que l’apercevoir, et ce n’est jamais assez. Son cœur de mère est tiraillé dans tous les sens.

Elizabeth, elle, a une mère de marbre. Seule Matty est son soutien, sa pierre angulaire. Cependant, son attachement à une esclave risque de ne pas être bien vu, et son cœur d’enfant ne le comprend pas. Elle n’est pas prête à laisser partir sa nounou, à lui rendre sa liberté… Comment ça, Matty n’est pas là de son plein gré ? Elle l’aime, donc elle devrait rester. Une réaction enfantine, mais révélatrice.

Si Elizabeth peut paraître naïve, elle est avant tout le fruit de son éducation. Elle évolue. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’est pas parfaite : elle fait des erreurs, mais elle est profondément humaine. Amoureuse de la vie, elle côtoie davantage les esclaves que son frère ou ses parents. Miss Elizabeth est sensible à leur condition. Cette empathie, cet amour de l’autre sont touchants. Pourtant, elle évolue dans un monde aseptisé, davantage préoccupé par le rang social et l’argent que par les sentiments. Être amoureuse ou avoir un esprit libre relève presque de l’impossible.

En résumé,

Une petite pépite méconnue qui mérite clairement plus de visibilité. Un roman engagé, touchant et nuancé, dans la lignée de La couleur des sentiments : peut-être moins flamboyant, mais tout aussi marquant.

Note

Note : 5 sur 5.

Citation

« Ce soir-là, au lit, couchée aux côtés de Mattie après la prière, Lisbeth raconta sa soirée à la nourrice.
— J’ai renversé de l’eau et père s’est fâché. Je t’ai appelée. J’ai fait : « Mattie ! Mattie ! Mattie ! » Mais mère et père m’ont obligée à rester. C’était horrible.
— Lisbeth, fille, si que je te manque, chante notre berceuse dans ta tête. Ça fera comme si que j’étais avec toi, même si que je suis loin.
Mattie chanta leur berceuse de sa belle voix riche et la voix limpide et aiguë de Lisbeth se joignit à la sienne. Blottie dans la chaleur de sa nourrice, Lisbeth allongea la main vers son collier de coquillages. Elle chanta, effleura, fredonna et s’assoupit enfin au troisième couplet :
Bois, ma petite
Bois, doux bébé
Petit bébé de lait, de sucre, de miel
C’est l’heure de la tétée 
»

Extrait de 
Le crocus jaune
Laila Ibrahim
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Synopsis

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Temps de lecture

3–4 minutes

Bonne lecture !

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