Mon avis
Déjà, pourquoi avais-je sélectionné ce film ? Par mon métier, je suis sensible aux questions de développement personnel. J’aurais tendance à partager le point de vue de la sénatrice face à Mathieu Vasseur : trop de truands, trop de personnes autodidactes armées de bonnes intentions, mais aussi très intéressées par l’argent. Triste, mais vrai !
Faut-il un diplôme pour devenir coach ? Faut-il un diplôme pour devenir l’égal de Mathieu Vasseur ? Être coach en confiance en soi, est-ce vraiment un métier ? Surtout quand il s’agit de remplir des salles et de provoquer un moment de catharsis collective. Pourtant, derrière tout cela, il y a beaucoup d’esbroufe. Mathieu Vasseur connaît les dossiers par cœur… enfin, pardon : c’est surtout son équipe qui lui souffle les réponses ! Esbroufe, qu’est-ce que je disais ?
Tous ces détails renforcent son magnétisme sur scène : un bon gourou ! Il étaye son discours avec des preuves scientifiques soigneusement triées. Terrible, mais vrai… Quand on sélectionne certaines données, elles peuvent aller dans notre sens. D’ailleurs, ne l’a-t-on pas vu pendant le Covid ? Qui disait que les masques ne servaient à rien ? Puis d’autres études, plus solides scientifiquement, ont prouvé le contraire. Comme quoi, on peut faire parler les chiffres : parfois tout est question d’interprétation.
Les coachs ont aussi leurs phrases toutes faites, comme : « la force est en vous ». Comme si nous avions tous les outils pour nous sortir seuls de situations difficiles : dépression et tout le reste. Mais si c’était si simple, les personnes dépressives utiliseraient ces fameux outils… Le feraient-elles exprès d’être dépressives ? Désolée, ce film m’enflamme et me donne matière à réflexion.
Je ne suis pas contre les coachs. Je pense que, bien pratiqué, ce métier peut réellement aider certaines personnes. Cependant, il devrait être encadré afin d’éviter les dérives : l’emprise sur les clients ou tout simplement les escroqueries.
Mathieu Vasseur a peut-être commencé avec de bonnes intentions. Mais très vite, ce qui le guide semble être son train de vie qu’il ne veut pas perdre. Le profit, la visibilité sur les réseaux sociaux, les chiffres… cela l’obsède. Mais savoir où en sont réellement les personnes qu’il prétend aider ? Rien… Nada !
Il y a des scènes fortes, parfois très dures. La tension monte progressivement. La fin est peut-être un peu too much, mais elle pousse l’intrigue jusqu’au bout.
Sur certains aspects, cela m’a fait penser à The Wave.
Pierre Niney est très investi, même si je l’ai trouvé moins à fleur de peau que dans Le Comte de Monte-Cristo. Il m’a un peu moins marquée ici, mais il reste très convaincant. La manipulation et la peur sont bien présentes, mais ses expressions faciales sont plus retenues. C’est un peu perturbant : il semblait plus incisif et plus expressif ailleurs.
En résumé
C’est un film étonnant et intéressant, qui nourrit mon débat intérieur. Ce type de manipulation me fait peur. Quand on est au plus bas, ces requins peuvent faire énormément de dégâts. Je ne dis pas que les psy sont toujours la solution, mais un encadrement des coachs serait déjà un bon début.
