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Arpenter la nuit de Leila Mottley

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Cher(e) loulou,

Mon avis

Mon Dieu, ce que ce livre est dur ! Je te le dis tout de suite cher lecteur, j’ai dû m’octroyer des pauses. Impossible de lire tout d’une seule traite. Les événements décrits et les scènes de viol sont violents. Pourtant, Leila Mottley nous épargne les détails sales et dégradants. Elle nous fait simplement par des pensées de Kiara. Sa douleur… Le plus dur est qu’elle n’est même pas capable de reconnaître que son premier client l’a violée. Certes, il pensait avoir affaire à une prostituée. Cependant à aucun moment, il le lui demande, il la conduit dans une ruelle obscure, la baise et lui donne de l’argent. Kiara a 17 ans, personne ne veut l’employé, car trop jeune. Son frère ne pense qu’à son disque, il n’amène plus d’argent pour le loyer. Il risque l’expulsion, elle a beau en parler à Marcus, celui-ci fait la sourde oreille.

Quand elle voit ce que ramène la prostitution, elle se dit que c’est toujours mieux que perdre son logement et ne plus pouvoir manger à sa faim. Cependant, les clients qui ne paient pas, ça existe. De plus, elle doit aussi faire face à la police, son gagne-pain est illégal. Pourtant, sa première rencontre avec eux se passe bien. Ils la préviendront en cas de descente en échange, s’ils l’appellent pour tirer leur coup, ce sera gratuit. Ils abusent de l’échange avec largesse. Kiara amène le fric à la maison, et Marcus ne se pose pas de questions. Il est sûr d’avoir le prochain tube de l’année, rien d’autre ne l’intéresse. 

Dans l’East-Oakland, Kiara n’a pas que des clients, elle a aussi des amis, Alé, sa sœur de cœur. Pourtant, celle-ci a un travail dans le restaurant familial. Elle a ses propres problèmes à gérer. Les problèmes de Kiara commencent et Alé se fait de plus en plus absente. La vie les sépare. C’est cruel. Elle ne peut compter que sur elle-même et Trévor. C’est le fils de la voisine, jeune et isolé. Kiara le veille comme son fils. Elle lui apporte l’amour et une présence que sa mère Di n’est pas capable de lui donner. Dorénavant, ce sera Trévor et elle contre le monde. Si Trévor se sent bien, tout va bien. 

Leila Mottley fait fort pour un premier roman. Il ébranle et marche sur les traces de Zola. Elle dénonce une vérité, mais comme l’écrivain, rien ne rattrape cette chute dans l’abîme. Personne ne tend la main à Kiara. La vie ne lui fait pas de cadeaux. Alors oui, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais les rayons de soleil existent aussi. J’ai eu l’impression qu’il en manquait un peu. 

La narratrice, Amélia Ewu, a une voix cassée, pleine d’émotions. Elle transmet avec beaucoup de réalisme le désespoir de Kiara, comme l’amour que celle-ci porte à Trévor. Elle a contribué à mon microcoup de cœur pour la relation de ces deux-là, un frère et une sœur au-delà des liens du sang. Un amour osmotique ! Ils se soutiennent l’un l’autre quand tout part à vaux l’eau.

En résumé

Ce roman traduit une réalité des femmes noires aux États-Unis, démunies, poussées à la prostitution dès leur plus jeune âge pour pouvoir garder un toit sur la tête. Kiara squatte les enterrements pour pouvoir manger à sa faim. C’est terrible. J’avoue que mon moral n’étant pas toujours au beau fixe avec cette pluie. J’ai parfois dû m’arrêter pour souffler avant de reprendre ma lecture. 

Note

Note : 4 sur 5.

Citation

Synopsis

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Temps de lecture

3–4 minutes

Bonne lecture !

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