Mon avis
Cette serie est une production piémontaise et publié sous la sigle Netflix. Elle se déroule à Turin.
Lidia Poët est l’histoire de la première femme avocate en Italie (d’Europe). Elle a obtenu son diplôme, mais c’est le début d’une longue lutte pour se faire une place dans ce monde masculin, obtus et misogyne. La bataille s’annonce ardue. Elle loue une chambre de bonne et elle est sans le sou. Sa première affaire est de défendre un malade mental, car les femmes avocates sont moins chères que les hommes. Est-ce un compliment ou un énième renvoi à sa condition de femme ?
Pourtant, elle est bien décidée à défendre son client, même si celui-ci ne croit qu’à moitié en elle. Celle-ci arrive à se défendre et à s’imposer. Cependant, enfoncer des portes avec sa carte d’avocate est loin d’être facile. La réaction des hommes est, dans le meilleur des cas, un rire et, dans l’autre cas, la porte se referme sans un mot. Comment faire dans ces cas-là ?
Lidia Poët ne baisse pas les bras, elle se fait plus maligne et devient astucieuse. Elle joue de ses atouts de femme : charme, un peu de brossage dans le sens du poil et quelques mensonges par-ci par-là. Son personnage ressemble avec son panache à Miss Phryne Fisher. Ce petit écho entre ses deux personnages m’a bien plu. Elle est, comme Phryne Fisher, une femme libre qui assume ses désirs et ses plaisirs. Les deux actrices ont le même panache et un jeu sensuel et charmeur.
Lidia Poët n’hésitera pas à se faire passer pour l’assistante de son frère, lui aussi avocat, pour passer plus facilement les portes. Enrico Poët est un homme peu enclin à la violence, qui prend peu de risques et est parfois pédant. Ses premières retrouvailles avec Lidia sont difficiles, blessantes et réductrices. Lidia le lui rend bien. Elle utilise son nom, contrefait sa signature et accepte des clients en son nom. Leur duo fonctionne. Enrico apprend à être plus ouvert d’esprit.
Lidia se fait radier des avocats. Son inscription très courte à l’ordre des avocats aura duré quelques mois. Sa radiation annule tous ses contrats. Elle est à la rue. Ses relations avec son frère, quoique tendues, lui permettent d’écarter sa fierté et de demander de l’aide ainsi qu’un toit sur sa tête. La cohabitation avec sa nièce, Marianna, promet une belle connivence et surtout, pour Marianna, une éducation plus libertaire. Par contre, avec Teresa, sa belle-sœur, c’est chaud et froid. Même si, lorsqu’elles sont d’accord, ça vaut le détour.
Le frère de Teresa, Jacopo, est un charmeur, journaliste avec des idées socialistes. Ses interactions avec Lidia sont cocasses, justes et même si c’est une tête à claques, ses propos font parfois mouche. Il sera un Watson quand elle en aura besoin.
Andrea, un commerçant, est un autre homme dans l’univers de Lidia, sous ses airs charmeurs et son sourire coquin. C’est un homme à l’avant-garde. Un triangle amoureux a pointé son nez, mais il en reste là.
Matilda De Angelis a crée une série riche en événement historique, histoire, une biographie vivante et romancée. La musique et le rythme tout est bien pensé. J’adore la bande-son. Les costumes d’époque et la mode ne sont pas toujours à mon goût, mais offre un très beau dépaysement.
En résumé
Cette série historique intéressante entre politique et droit des femmes, l’Italie est en pleine révolution. Lidia demande à accéder aux métiers d’avocate, et d’autres femmes demandent le droit de vote. La question est : l’Italie est-elle prête face à une femme de son envergure ?
