Fragment de livre en guise de mise en goût :

Juste une fois, elle aurait aimé le faire sortir de ses gonds _ se taper les cuisses ou ébouriffer sa tignasse vieillissante. Il ne le fit jamais. Il se munissait seulement d’une badine d’épicéa et en donnait un petit coup sur les phalanges de sa fille chaque fois relâchait la position de ses mains ou que de nouveau, elle faisait une fausse note. Un matin d’hiver, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant pâlichonne et timorée, elle y eut droit vingt-sept fois pour vingt-sept péchés musicaux. Et son père la gratifia d’un surnom.

A la fin de la leçon, tandis qu’il neigeait au-dehors, il lui demanda d’arrêter de jouer et lui prit les mains. Elles étaient zébrées de coups, petites et tièdes. Il les serra fort, mais avec douceur, entre ses doigts grands comme des obélisques.

– Juz wystarczy dit-il dziewczyna…

Ce qu’elle traduisit, pour nous, par :

– ça suffit Mamzelle Fausses Notes.

Mon avis :

J’ai eu un tel coup de cœur pour La voleuse de livres. Donc, quand j’ai vu sur Netgalley ce livre de l’auteur, je l’ai directement demandé, mais pas de réponse de la maison d’édition. J’ai pris mon mal en patience. Puis je l’ai vu à la bibliothèque et j’ai craqué. Impossible de ne pas le prendre.
J’ai bien aimé ce livre, même si j’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans l’histoire que dans La voleuse de livres. La narration est décousue. C’est perturbant, mais cela maintient le suspense. J’ai moins accroché à ce style. Mathew, l’ainé, est aussi le narrateur de cette histoire, qu’il concentre sur Clay, l’unique lien d’une famille dysfonctionnelle. Il raconte l’histoire de Clay mais pas que, celle de son père et de sa mère aussi.
Sans surprise, le début est un peu obscur avec une plume assez étrange, demandant un petit temps d’adaptation. C’est un livre d’ambiance. Une ambiance particulière, qui ne m’a pas totalement convaincue.
La.e lectrice.eur suit les garçons Dunbar. C’est une bande de bras cassés mais ils fonctionnent super bien ensemble. Clay, le quatrième, est un peu à part. Il rompt la dynamique pour des raisons assez obscures.
Ces cinq frères s’élevent tous seuls et affrontent la vie le mieux qu’ils peuvent. Ils sont libres de faire ce qu’ils veulent et ne s’en privent pas. Ils sont contents de faire des bêtises, de courir, de se battre, de vivre avec des animaux des plus étranges… Dans cette pagaille, arrive l’Assassin que l’on découvre être le père de cette grande fratrie. D’où vient-il ? Pourquoi porte-t-il ce surnom ? Qu’a-t-il bien pu faire ? Et que veut-il ? Qu’est-ce qui empêche les cinq frères de l’envoyer paître à coup de pied aux fesses ?
Il y a vraiment pas mal de mystère autour de ça. Il y a pas mal d’allusions mais uniquement des bribes de l’histoire, pas tout. J’étais super intriguée par cette fratrie, leur famille, leur passé… Notamment, l’histoire de leur mère polonaise qui a émigré pour une meilleure vie et fuir le communisme. Cette fratrie force l’admiration, ils s’élèvent tous seuls et affrontent la vie du mieux qu’ils peuvent. En repensant à eux, j’ai la gorge qui se serre.
Une thématique assez riche !
Une maladie peut toucher la personne malade mais les aidants, la famille ne sont pas en reste. Ce roman aborde bien cet effet dévastateur. On peut être Assassin de différentes manières… Je vous en ai déjà trop dit, mais j’avoue que les réflexions de l’auteur autour de la définition de l’Assassin m’ont intrigué et fait réfléchir.

En résumé : C’est un livre d’ambiance et de réflexions. Une lecture que j’ai appréciée quoiqu’un peu tristoune et trop contemplative à mon goût.

Note : 3.5 sur 5.

Laisser un commentaire