Cher.e.s voyageur.e.s,

Le principe est de présenter une citation extraite de la page 31 de ma lecture en cours. La citation est sensée être une phrase. Je préfère que ce soit un peu plus long.

Ce rendez-vous hebdomadaire a été créé par Les bavardages de Sophie. Je participerais à ce rendez-vous ponctuellement, quand l’occasion se présentera.

Voici un extrait de la page 31 de Fleurs de feu de Sarah Lark :

George Hempleman avait pour habitude d’observer et de coordonner la chasse depuis une embarcation plus importante, en criant ses ordres à l’aide d’un porte-voix.
— Et puis, regarde, le révérend est déjà là. Nous nous verrons ce soir…
Il avait visiblement hâte de partir.
— Si Dieu le veut… dit sa femme dans un souffle.
Elle était plus pâle que jamais. Kitten eut l’impression qu’elle s’était ratatinée pendant la nuit. Elle comprit que son décès était imminent.
— Révérend, je ne vous remercierai jamais assez de ce que vous faites pour ma femme, dit encore le patron des baleiniers en tapant amicalement sur l’épaule de l’ecclésiastique, avant de tourner les talons sans laisser au révérend le temps d’aborder la question des dons.
Le prêtre essayait sans arrêt de convaincre la mourante de léguer une forte somme à sa mission, mais elle ne lui répondait jamais. Kitten pensait qu’elle ne possédait rien qu’elle pût léguer. Son mari était le seul à subvenir aux besoins du ménage. Et, même s’il se montrait généreux, où Linda aurait-elle pu dépenser son argent, dans ce trou ?
Ayant rangé les affaires de toilette, Kitten obéit à contrecœur à la demande du révérend de s’asseoir auprès de lui afin de lire des passages de la Bible et d’écouter la mourante qui désirait se confesser. À écouter les péchés véniels avoués par Linda, elle lui parut plus que jamais une authentique sainte, mais Dieu semblait condamner jusqu’à une simple pensée d’orgueil. En tout cas, l’agonisante n’avait à se repentir que de broutilles dont le révérend l’absolvait.
Vers midi, Frau Hempelmann s’endormit, ce qui permit à Kitten de fuir le révérend et de se réfugier dans l’ombre de la forêt. Toujours en lutte avec la baleine, les hommes étaient maintenant proches du rivage. D’ici une ou deux heures, l’animal serait échoué. La fillette espéra que Mr Hempleman prendrait le temps d’une visite à son épouse avant le dépeçage. L’état de son amie l’inquiétait : certes, elle était plus éveillée que les autres jours, mais les forces semblaient avoir abandonné son corps. Le révérend, qui lui prenait souvent le pouls, avait hoché la tête d’un air soucieux. Si Linda voulait dire encore quelque chose à son mari, mieux valait ne pas tarder.
Kitten cueillit un nouveau bouquet de roses rata dont elle meubla la chambre de la malade. Elle venait de finir quand Linda s’éveilla.
— Mon mari… murmura-t-elle, et… le prêtre… je… l’heure est venue, petite, je… j’entends les anges… Tu les entends… toi aussi ?

Bonne lecture !

2 commentaires sur « Le mardi sur son 31 #27 »

Laisser un commentaire