Cachée sous mon turban de NADIA GHULAM

Fragment de livre en guise de mise en bouche :

Une fois rafraîchies et l’estomac plein, nous allâmes trouver le mollah et lui expliquâmes que nous cherchions mon père. Tous les sans-abri, comme nous, qui fuyaient les combats et avaient perdu de vue un proche, procédaient ainsi. Il fallait se rendre dans une mosquée dans un quartier sûr. Et le plus incroyable, c’est que même dans une grande ville comme Kaboul ce système fonctionnait. Durant le prêche, le mollah annonçait, par exemple : « La famille Shinwari cherche Ahmed Shinwari. » Et bien souvent, la personne concernée, ou quelqu’un qui la connaissait, entendait l’appel et la famille se trouvait à nouveau réunie. Autrement, ceux qui cherchaient un proche pouvaient séjourner là-bas aussi longtemps que nécessaire, avec l’assurance de pouvoir subsister grâce à la nourriture que les fidèles apportaient au mollah et à tous ceux qui en avaient besoin. De plus, les mosquées étaient idéales pour se protéger du froid, car elles étaient équipées du système de chauffage souterrain traditionnel, qui maintenait les sols chauds même quand il neigeait dehors.

Mon avis :

Une autobiographie !
J’ai beaucoup aimé cette autobiographie. Je me suis laissée happer très rapidement. Elle est prenante et terrifiante, d’autant plus, quand on sait que son histoire est réelle. Il n’y a pas de mélodrame dans cette histoire, seulement des faits. Elle explore tous les moments de sa vie en Afghanistan : qu’ils soient tristes ou joyeux. Certains moments m’ont fait rire mais pas de larmes.
Dans une terre de feu et de sang !
Nadia nous transporte avec elle en Afghanistan dans les années 90 en pleine guerre civile. Sa famille est plutôt aisée avec un père aimant mais un mari indifférent. L’arrivée des Talibans va tout bousculer. La guerre éclate. Les rues sont minées. L’incertitude devient normalité. La pauvreté s’invite de plus en plus dans la vie de Nadia. Mais sa vie va exploser en même temps que la bombe qui la défigure. Les opérations se succèdent, mais son apparence ne s’améliore pas d’un iota. Va-t-elle pouvoir sortir de l’hôpital un jour ? Les mines ou les talibans feront-ils d’autres dégâts ? Comment sa famille va-t-elle survivre alors qu’ils n’ont même plus de quoi s’acheter à manger ?
Une lecture vivante !
L’horreur qui transpire de ces pages vous glace le sang. Le fait de savoir que d’autres subissent des situations similaires encore aujourd’hui, c’est pire. Si je n’ai pas pleuré, j’ai eu plusieurs fois des mouvements de recul par rapport à ce que je lisais.
Instructive !
L’histoire de Nadia est très riche en enseignements sur  :
la condition de la femme en Afghanistan :
les mouvements migratoires déclenchés par les talibans : ceux qui ont les moyens préfèrent fuir, sortir des frontières est encore plus compliqué que gagner au jeux olympiques
les associations qui viennent en aide à Nadia et leurs contreparties un peu trop chères payées pour des gens à la recherche du moindre denier
La seule chose peu abordée est l’arrivée des Américains, mais sans vous spoiler, assez justifiée selon moi.
Pourquoi pas de larmes ?
L’auteure a une plume plutôt distante sur les événements tragiques, une façon de se protéger… Cependant, la.e lectrice.eur se sent moins impliqué.e, enfin, c’est mon hypothèse.
Un petit hic !
Le nom des chapitres s’emboite plutôt bien au premier et dernier tiers à peu près. Ensuite, ce n’est plus le cas, c’est comme s’ils avaient deux ou trois chapitres d’avance. Ça a trompé mes avances sur les chapitres, d’où des petits décrochages au milieu du roman.

En résumé : C’est une autobiographie enrichissante, absorbante, et avec un final optimiste (enfin ça dépend du point de vue).

Note : 3.5 sur 5.

Spoiler alert : Je suis déçue de ne pas savoir ce qu’il est advenu de sa famille restée en Afghanistan.

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