Fragment de livre en guise d’avant-goût :

Une société empreinte de la culture du silence, comme celle du village où il était né. Là aussi, malgré les kilomètres de distance, il régnait la même atmosphère : une enclave où tout le monde savait tout sur tout le monde, où chacun se sentait en droit de juger des affaires des autres. A condition que le jugement et l’absolution ou la condamnation restent cachés derrière les murs des maisons. Aucun espace pour les intrusions extérieures, un rideau infranchissable se dressait pour défendre Dieu sait quoi.

C’était d’ailleurs la raison qui l’avait poussé à s’en aller.

Mon avis :

Le contemplatif, ce n’est pas mon truc ou peut-être que oui !
J’ai eu un petit moment de doute. Est-ce que cette histoire me plaît ou pas ? Puis de fil en aiguille, je me suis laissée happer par l’histoire. La mise en situation était certes un peu lente et un peu obscure, mais franchement, ça m’a plu. Cette histoire me fait un peu penser à « Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher ». Elle a le même rythme et dans ce roman aussi, une femme savante avec une grande connaissance des herbes médicinales signifie “Sorcière”. Parce qu’il n’y a pas d’autres explications à une femme qui sait soigner ? Surtout quand elle est plus instruite qu’un médecin ou qu’elle obtient plus de résultats qu’un médecin ?
Ces deux romans se rejoignent sur ce point de vue car ils s’intéressent tous deux à la même époque historique. De plus, que l’on soit en Italie ou en Écosse, la religion a le même point de vue sur ces femmes.
La comparaison de ces deux romans s’arrête-t-elle là ?
Ce livre apporte une touche de fantaisie en mélangeant une enquête policière et un travail de recherche historique. Et si le meurtre d’une jeune fille à notre époque trouve ses origines dans une histoire vieille de 600 ans ? Est-ce seulement possible d’avoir la rancune si tenace ? On ne peut écarter cette hypothèse quoiqu’un peu farfelue surtout quand certains éléments viennent l’étayer.
Finalement, l’enquête est un peu convenue malgré les rebondissements et les bonds dans le temps. C’est dommage surtout que le roman développe une thématique originale sur la question suivante :
“La sorcellerie a-t-elle définitivement disparu de la conscience collective ou la pensée magique est-elle toujours la réponse de facilité ?”
Elle me plaisait bien même si je la jugeais un peu casse-gueule. Il fallait une intrigue qui tienne la route pour instiller le doute et même tout tourneboulé. Mais malheureusement, elle était un peu bancale et pas assez haletante. Les indices avaient l’air de pleuvoir pour tourner la.e lectrice.eur en bourrique. Je n’avais pas l’impression que c’était réel surtout pour la partie contemporaine. Et puis les personnages de cette partie m’ont laissé de marbre, peut-être à cause d’un triangle amoureux mal amené.
Absurde !
Malgré ses points un peu bancals, j’ai adoré l’ambiance et la partie historique. Peut-être est-ce parce que je me suis attachée à Britta et je me suis identifiée à cette jeune femme solitaire, aimante et courageuse. C’était la fille d’un apothicaire et son seul péché est d’avoir été une bonne élève.
Si elle soigne un homme pour un bras blessé et que celui-ci est fait cocu par sa femme, c’est bien évidemment de sa faute, c’est une sorcière !
Et quand c’est son amant, le fils d’un noble, qui meurt des suites d’une infection, elle est la coupable idéale, surtout qu’on affirme l’avoir vu près des lieux du crime. Son destin est signé, surtout que l’on a fait appel à l’Inquisition. Je n’ai pas pu m’empêcher de croiser les doigts et d’espérer… Eh oui ! une pensée magique, mais je ne vous dirais pas le résultat. Chut !
Petit pincement au cœur !
J’aime beaucoup tout ce qui a trait à la phytothérapie. Ce livre ne développe pas le côté traitement par les plantes mais la perception des traitements par les plantes en fonction de l’époque : sorcellerie ou charlatanisme. Je suis assez sensible à ce sujet, ça fait écho à mes cours et à ma petite expérience. J’ai apprécié que l’auteure ne cherche pas à influencer sa.on lectrice.eur sur l’efficacité de ces traitements et leur perception.

En résumé : C’est une bonne lecture ! Elle est riche avec une bonne ambiance et une lenteur plaisante. La partie historique m’a beaucoup plu mais j’ai un peu moins accroché à la partie contemporaine.

Note : 3.5 sur 5.

2 commentaires sur « L’errante de VALERIA MONTALDI »

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