Premier paragraphe #20 ♥

Coucou tout le monde,

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de deviner un livre mais de vous le présenter. J’espère de vous donner envie de le lire. C’est Les Blondes et Papa de Charles Exbrayat :

Depuis cinq ans que Fraid était morte, Ianto Morgan ne parvenait pas à retrouver le goût de vivre. La trentaine à peine dépassée, Ianto se fût considéré comme un homme fini s’il n’y avait eu Buddug, sa fille, dont le visage – au fur et à mesure que la petite grandissait – rappelait celui de la disparue. Cette ressemblance rendait le veuf tout à la fois heureux et malheureux. Il goûtait une joie sereine à l’idée que Fraid revivrait dans leur enfant et, du même moment, il en voulait à Buddug de lui rappeler la perte dont il ne parvenait pas à se consoler.

Depuis cinq ans que Fraid était morte, Ianto Morgan ne parvenait pas à retrouver le goût de vivre. La trentaine à peine dépassée, Ianto se fût considéré comme un homme fini s’il n’y avait eu Buddug, sa fille, dont le visage – au fur et à mesure que la petite grandissait – rappelait celui de la disparue. Cette ressemblance rendait le veuf tout à la fois heureux et malheureux. Il goûtait une joie sereine à l’idée que Fraid revivrait dans leur enfant et, du même moment, il en voulait à Buddug de lui rappeler la perte dont il ne parvenait pas à se consoler.

À dire vrai, Ianto n’était plus tout à fait digne de cette admiration quasi unanime. Depuis une semaine, il envisageait sérieusement la possibilité de refaire sa vie et, sans pour autant renier la morte, il aspirait à retourner parmi les vivants. S’il éprouvait une gêne à en parler ouvertement, ce n’est pas qu’il redoutait l’opinion de Brecon où personne ne lui aurait tenu rigueur de rebâtir son foyer, mais il craignait des réactions de Buddug, la seule personne dont Ianto appréhendait le jugement.

Buddug n’avait que douze ans, mais loin de jouer ainsi que le font des gamines de son âge, elle affectait une allure posée qui surprenait chez ce petit bout de femme et parlait avec une gravité qui déconcertait ses interlocuteurs. On aurait dit que l’enfant s’était donné pour tâche de remplacer la mère absente qu’elle ne se rappelait pourtant que très vaguement. Elle se persuadait que Fraid en mourant lui avait confié Ianto et elle veillait sur son père ainsi qu’une maman sur son bébé. Ledit père estimait la chose fort désagréable mais n’osait pas s’en plaindre à cette petite Buddug que tout le monde lui enviait. En cas de révolte, on lui aurait donné tort et, notamment, Mrs Gwaldus Jenkins, témoin quotidien de l’existence familiale des Morgan.

Vous a-t-il plu ?

7 commentaires

  1. (Re) bonjour !
    Ah, tiens, je me souviens que tu m’en avais parlé de ce livre. Tu avais titillé ma curiosité, et là encore. Ce sera l’occasion de partir à la découverte de cet auteur !

      1. Si ton job est d’ajouter des livres à une liste déjà bien remplie, oui, tu le remplis à la perfection 😀 .
        Tu ne l’aurais pas en ebook ?

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